‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 346 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Je veux, accompagné de ma muse sauvage,

Revoir le Rhin tomber en des gouffres profonds. Et le Rhône grondant sous d’immenses glaçons, Et d’Arve aux flots impurs la nymphe injurieuse. Je vole, je parcours la cime harmonieuse Où souvent de leurs cieux les anges descendus, En des nuages d’or mollement suspendus, Emplissent l’air des sons de leur voix éthérée.

O lac, fils des torrents! ô Tliun, onde sacrée! Salut, monts chevelus, verts et sombres remparts Qui contenez ses flots pressés de toutes parts ! Salut, de la nature admirables caprices,

Où les bois, les cités pendent en précipices !

Je veux, je veux courir sur vos sommets touilus; Je veux, jouet errant de vos sentiers confus, Foulant de vos rochers la mousse insidieuse. Suivre de mes chevreaux la trace hasardeuse ;

Et toi, grotte escarpée et voisine des cieux Qui d’un ami des saints fus l’asile pieux,

Voûte obscure où s’étend et chemine en silence

sr.

- Carmina, pastoris Sieuli inodulabor avena. ..

interea mixlis luslrabo Mænala nymphi», etc.

Éd. 1826 et 1839 :

J'irai : je veux encor visiter cc rivage.

André était sans doute en Angleterre quand il composa cette élégie ; il veut aller revoir le Rhin, le Rhône, l'Arve, mais c’est le rivage anglais qu'il ne veut jamais revoir.

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