‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 354 sur 496 · LIVRE III. — FAN N Y · texte numérisé non relu

LIVRE III. — FAN N Y

Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte La campagne d’été rend la ville déserte ;

Dans l’enclos paternel nous ne te verrons [dus,

De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus, w

Presser l’herbe et les fleurs dont les nymphes de Seine Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne.

L’axe de l’humble char à tes jeux destiné,

Par de fidèles mains avec toi promené,

Ne sillonnera plus les prés et le rivage. 15

Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage, N’inquiéteront plus nos soins officieux ;

Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux Les efforts impuissants de ta bouche vermeille A bégayer les sons offerts à ton oreille. ïO

Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous,

Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux.

A FANNY

Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des pièges perfides.

120 ; Anacréon, LVI ; Antipater, Aiith., VII, 467. Racine a dit dans Phèdre, II, i :

Mais qu'il n'a pu sortir de ce triste séjour,

Et repasser les bords qu'on passe sam retour.

La même pensée se rencontre chez les poètes juifs : Job, VII, », 9; Soyeuse, II, i, 5.

V. 7. C’est le même sentiment que, dans Euripide ( Hipp ., 1126), exprime le chœur lorsqu'il adresse de touchants adieux au malheureux llippolyte exilé de Trézèno.

V. 20. C’est par un tableau semblable que Stace, Silv., Il, i, 104, nous dépeint l'enfance du fils de Mélior et la joie de son père :

Tu (amen et mutas lum murmure votes Vagilumquc rudetn, llctumquu infantis amabas.

II. — V. 1. Cette négation, jetée brusquement est avant de la phrasé

-**8 RLÈGI ES.

Non, à tromper des cœurs délicats et timides Tous ne mettent point leurs plaisirs.

Toujours la feinte mensongère 5

Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs.

Une insidieuse prière.

Non, avec votre image, artifice et détour,

Fanny, n’habitent point une âme ;

Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme u. Ne leur paraît digne d’amour.

Ah ! la pâle fleur de Clytie Ne voit au ciel qu’un astre ; et l’absence du jour Flétrit sa tête appesantie.

Des lèvres d’une belle un seul mot échappé is

Blesse d’une trace profonde

Le cœur d’un malheureux qui ne voit qu’elle au monde.

Son cœur pleure en secret frappé,

Quand sa bouche feint de sourire.

donne au style une poétique rapidité ; c’est là cette allure franche et hardie qu’on admire souvent dans Malherbe. Nous avons déjà vu, livre 11, une élégie commençant ainsi :

Non, je ne l’aime plus : un autre la possède.

Racine a commencé plusieurs tragédies par oui :

Oui , je viens dans son temple adorer l'Éternel.

Oui, puisque je retrouve un ami si lidèie.

Oui, c'est Agamemnoii, c'est ton roi qui l'éveille,

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