‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 370 sur 496 · V. 2 Tihulle, I, i · texte numérisé non relu

V. 2 Tihulle, I, i

Non ego laudari euro, mca Délia : tecum Dutmnodo sim, quæso, segnis inersque vocor.

EPITRES

S’il faut, pour obtenir ses regards complaisants,

A l’ennui de l’étude immoler mes beaux ans;

S’il faut, toujours errant, sans lien, sans maîtresse, 5

Étouffer dans mon cœur la voix de la jeunesse,

Et, sur un lit oisif, consumé de langueur,

D’une nuit solitaire accuser la longueur?

Aux sommets où Phœbus a choisi sa retraite,

Enfant, je n’allai point me réveiller poète : 10

Mon cœur, loin du Permesse, a connu dans un jour Les feux de Calliope et les feux de l’amour.

L’amour seul dans mon âme a créé le génie;

L’amour est seul arbitre et seul dieu de ma vie.

En faveur de l’amour quelquefois Apollon iü

Jusqu’à moi volera de son double vallon :

V. 3. Plus taré, sous la pure inspiration de Fanny, il dira au contraire :

Oh ! que n'ai-je moi seul tout l'éclat et la gloire Que donnent les talents, la beauté, la victoire,

Pour fixer sur moi seul ta pensée et les veux !

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