V. C4. Voy. Virgile, Ëgl., X
V. 66. Ovide exilé, ou ne sait pour quel motif, à Tomes, prés des bouches du Danube, ne eessa d'adresser à l'empereur les plus basses Batteries ; c’est dans cet exil qu’il conqwsa 1rs Tristes, où il peint so i infortune, sa solitude dans un pays où ne l'avaient suivi ni famille ni ami.
V. 78. Voy. la m'me pensée, Élégies, I, xiv. — André se souvenait certainement des vers qu’llomère, Iliade, X, 224, met dans la bouche de Diomède :
t i Sv ip/o/iiva, mal re itp'o a toü svJïîïîv,
Stcîtws xipSoi tl)
vers que dans l'antiquité on citait communément et pour ainsi dire proverbialement lEust , Comm. ail II., p. 8011). Cf. Platon, le Banquet; Cicéron, ad Div., IX, vu; ad Alt , IX, vi. Mais voyez surtout le beau passage où Arislote, de Moribus, VIII, i, dit, en citant le Sjv t; 5j ipXOfitvu, que dans lad vernie comme dans toutes les misères de la vie
EPITRES
Dédaigne de nous voir, entre ses favoris,
Charmer de l’IIélicon les bocages fleuris?
Aux sentiers où leur vie offre un plus doux exemple, &o Où la félicité les reçut dans son temple,
Nous les aurons suivis, et, jusques au tombeau,
De leur double laurier su ravir le plus beau.
Mais nous pouvons, comme eux, les cueillir l’un et l’autre. Ils reçurent du ciel un cœur tel que le nôtre : , 9»
Ce cœur fut leur génie, il fut leur Apollon,
Et leur docte fontaine, et leur sacré vallon.
Castor charme les dieux et son frère l’inspire;
Loin de Patrocle, Achille aurait brisé sa lyre;
C’est près de Pollion, dans les bras de Varus, »j
Que Virgile envia le destin de Nisus.
Que dis-je? ils t’ont transmis ce feu qui les domine.
N’ai-je pas vu ta Muse au tombeau de Racine,
Le Brun, faire gémir la lyre de douleurs
Que jadis Simonide anima de ses pleurs? 100
Et toi, dont le génie, amant de la retraite,
Et des leçons d’Ascra studieux interprète,
l'amitié est l’unique refuge des hommes. Car unis, dit-il, ils sont y.x't Ttpx^xi éuvstTMTEf et.
V. 93. L’amitié de Castor et de Pollux est célèbre. Après la mort de. Castor, tué par Lyncée, Pollux (immortel parce qu’il était üls de Jupiter obtint de partager sou immortalité avec son frère; vov. Apollodore, III, xi ; Homère, Odyss., XI, 298.
V. 96. Pollion et Varus, amis de Virgile, que le poète a célébrés dans ses églogues. Yoy. l’épisode de Nisus, Enéide, IX.
V. 98. Fils de l’auteur du poème de la Ptcligion et petit-fils du grand Racine. Il mourut à Cadix, lors du désastre qui détruisit Lisbonne et qui ébranla toute la côte de Portugal cl d'Espagne. [Hôte d'André Chénier.)
V. 100. Simonide, en effet, excellait, comme le dit André, à faire gémir la lyre de douleurs ; vov. Anlh. Grotii, I, tit. LXVII, ép. x et xi ; dans la seconde de ces épigrammes, on lui donne l'épitliètc de r,ôuaciifOo y/o^.
V. 102. « D'Ascra » répond à l'adjectif latin Ascrœus. Virgile, Géorg., II, 176 :
Ascræumque cauo Humana per oppida carmen.
A LE DUl^ ET A BRAZAIS.
Accompagnant l’année en ses douze palais,
Étale sa richesse et ses vastes bienfaits;
Brazais, que de tes chants mon âme est pénétrée, lor,
Quand ils vont couronner celte vierge adorée.
Dont par la main du temps l’empire est respecté,
Et de qui la vieillesse augmente la beauté!
L’homme insensible et froid en vain s’attache à peindre Ces sentiments du cœur que l’esprit ne peut feindre; no De ses tableaux fardés les frivoles appas N’iront jamais au cœur dont ils ne viennent pas.
Eh! comment me tracer une image fidèle Des traits dont votre main ignore le modèle ?
Mais celui qui, dans soi descendant en secret, us
Le contemple vivant, ce modèle parfait,
C’est lui qui nous enflamme au feu qui le dévore;
Lui qui fait adorer la vertu qu’il adore;
Lui qui trace, en un vers dos Muses agréé,
Un sentiment profond que son cœur a créé. 120
Aimer, sentir, c’est là cette ivresse vantée Qu’aux célestes foyers déroba Prométhée.
Cal liope jamais daigna-t-elle enflammer Un cœur inaccessible à la douceur d’aimer?
Non : l’amour, l’amitié, la sublime harmonie, 125
Tous ces dons précieux n’ont qu’un même génie ;
Même souffle anima le poète charmant,
L’ami religieux et le parfait amant ;
Ce sont toutes vertus d’une âme grande et hère.
Bavius et Zoïle, et Gacon et Linière, iso
Ascra, ville de Béotie, près de Thespies, patrie d'Hésiode, comme le dit Strabon, IX, n, 25, cilant le propre témoignage d’Hésiode, Op ■ et dieu, 639.
V. 106. Érigone, qui se pendit de désespoir après la mort de son père. (Hyg.,130.)
V. 130. Bavius, mauvais poète latin; voy. Virgile, ÉgL, Iif, 00. — Zoïle, le détracteur d’Homère {ô/*»îfo,««î riÇÏjvoy. Fragm. Hist. Grœc.,
EPITRES
Aux concerts d’Apollon ne furent point admis, Vécurent sans maîtresse, et n’eurent point d’amis.
Et ceux qui, par leurs mœurs dignes de plus d’estime,
Ne sont point nés pourtant sous cet astre sublime,
Voyez -les dans des vers divins, délicieux, iss
Vous habiller l’amour d’un clinquant précieux;
Badinage insipide où leur ennui se joue,
Et qu’autant que l’amour le bon sens désavoue.
Voyez si d’une belle un jeune amant épris A tressailli jamais en lisant leurs écrits ; uo
Si leurs lyres jamais, froides comme leurs âmes,
De la sainte amitié respirèrent les flammes.
0 peuples de héros, exemples des mortels !