‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 381 sur 496 · A LE BRUN ET A BRAZAIS · texte numérisé non relu

A LE BRUN ET A BRAZAIS

Virgile n’a-t-il pas, d’un vers doux et flatteur,

De Gallus expirant consolé le malheur?

Voilà l’exemple saint que mon coeur leur demande. «3

Ovide, ah! qu’à mes yeux ton infortune est grande,

Non pour n’avoir pu faire aux tyrans irrités Agréer de tes vers les lâches faussetés !

.Je plains ton abandon, ta douleur solitaire.

Pas un cœur qui, du tien zélé dépositaire, 70

Vienne adoucir ta plaie, apaiser ton effroi,

I t consoler tes pleurs, et pleurer avec toi !

Ce n’est pas nous, amis, qu’un tel foudre menace.

Que des dieux et des rois l’éclatante disgrâce

Nous frappe : leur tonnerre aura trompé leurs mains; 7ü

Nous resterons unis en dépit des destins.

Qu’ils excitent sur nous la fortune cruelle;

Qu’elle arme tous ses traits : nous sommes trois contre elle. Nos cœurs peuvent l’attendre, et, dans tous ses combats, L’un sur l’autre appuyés, ne chancelleront pas. 80

Oui, mes amis, voilà le bonheur, la sagesse.

Que nous importe alors si le dieu du Permesse

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