‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 386 sur 496 · V. 37. Êl. 1820 et · texte numérisé non relu

V. 37. Êl. 1820 et

Et dis-lui qu'à m'écrire il est lent à inon gré. Dis-lui est sous-entendu ; c’est, du reste, une incorrection.

A LE BRO’

Que, de mon cher Brazais pour un temps séparé,

Les ruisseaux et les bois, et Vénus, et l’étude,

Adoucissent un peu ma triste solitude. io

Oui! les deux avec joie ont embelli ces champs.

Mais, Le brun, dans l’effroi que respirent les camps,

Où les foudres guerriers étonnent mon oreille,

Où loin avant Phœbus Bellonc me réveille,

Puis-je adorer encore et Vcrlumne et Paies ? S

Il faut un cœur paisible à ces dieux de la paix.

A LE BRUN

Ami, chez nos Français ma muse voudrait plaire;

Mais j’ai fui la satire à leurs regards si chère.

Le superbe lecteur, toujours content de lui,

Et toujours plus content s’il peut rire d’autrui.

Veut qu’un nom imprévu, dont l’aspect le déride, '•>

Egaye au bout du vers une rime perlidc ;

Il s’endort si quelqu’un ne pleure quand il rit.

Mais qu’Horace et sa troupe irascible d’esprit Daignent me pardonner, si jamais ils pardonnent :

J’estime peu cet art, ces leçons qu’ils nous donnent, t >

V. 40. Au milieu des orales de l'âme, Ovide, Tristes, I, i, 41, s'écrie :

Carmina scccssum scrilicntis et otia qusrunt.

IV. — V. 8. a Horace et sa troujir. » Horace et ceux qui l’ont imité ; c'est ainsi que La Fontaine, Fab., II, xm, dit :

Mais ce livre qu’l lomére et les siens ont chanté.

V. 10. Ce qu’ André a en vue, c’est la satire sans danger, celle qui s’attaque aux ridicules ; c’est surtout ce perpétuel combat d’amourpropre que se livrent entre eux les auteurs. Mais lorsque la satire s'élève, que sa voix tonne pour les vertus, et que devant la mort même

A LE BRUN. 323

Soit, comme ici, d’un œil caustique et médisant,

En secouant le front, dira quelque plaisant,

Que le ciel, moins propice, enviât à ma plume 2o

D’un sel ingénieux la piquante amertume,

.l’en profite à ma gloire, et je viens devant toi Mépriser les raisins qui sont trop hauts pour moi.

Aux reproches sanglants d’un vers noble et sévère

Ce pays toutefois oifre une ample matière : r.o

Soldats tyrans du peuple obscur et gémissant,

Et juges endormis aux cris de l’innocent;

Ministres oppresseurs, dont la main détestable Plonge au fond des cachots la vertu redoutable.

Mais, loin qu’ils aient senti la fureur de nos vers,

Nos vers rampent en foule aux pieds de ces pervers,

Qui savent bien payer d’un mépris légitime Le lâche qui pour eux feint d’avoir quelque estime.

Certe, un courage ardent qui s’armerait contre eux Serait utile au moins s’il était dangereux ; -10

Non d’aller, aiguisant une vaine satire,

Chercher sur quel poète on a droit de médire ;

Si tel livre deux fois ne s’est pas imprimé,

Si tel est mal écrit, tel autre mal rimé.

multiples de l'influence divine, de la naissance, de l'éducation, de l'influence paternelle, etc. C'est ainsi que l’a employé La Fontaine, Llc-

gie III :

On m'a pourvu d’un cœur peu coulent de lui-même.

V. 28. Allusion a la fable bien connue de La Fontaine, III, xi, le i cnard cl les Raisins.

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