‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 391 sur 496 · A BR A Z AIS · texte numérisé non relu

A BR A Z AIS

Sans cesse étudiée, admirée, adorée,

Voiià nos maîtres saints, nos guides éclatants.

À peine avais-je vu luire seize printemps, 10

Aimant déjà la paix d’un studieux asile,

Ne connaissant personne, inconnu, seul, tranquille,

Ma voix humble à l’écart essayait des concerts;

Ma jeune lyre osait balbutier des vers.

Déjà meme Sappho des champs de Mitylène 15

Avait daigné me suivre aux rives de la Seine.

Déjà dans les hameaux, silencieux, rêveur,

Une source inquiète, un ombrage, une fleur,

Des filets d’Arachné. l’ingénieuse trame,

De doux ravissements venaient saisir mon âme. îo

Des voyageurs lointains auditeur empressé,

Sur nos tableaux savants où le monde est tracé,

Je courais avec eux du couchant à l’aurore.

Fertile en songes vains que je chéris encore,

J’allais partout, partout bientôt accoutumé, Î3

Aimant tous les humains, de tout le monde aimé.

Les pilotes bretons me portaient à Surate,

Les marchands de Damas me guidaient vers l’ Euphrate.

Que dis-je? dès ce temps mon cœur, mon jeune cœur Commençait dans l’amour à sentir un vainqueur; mi

poème de l'Invention, nous rappellerons le passage île Claudieu, /F* Cons. d'Honorius, 395, où Théodosc dit à son fils :

Inlcrea Musis, animes duin mallior, insta,

El, qu;c mox iinitare, legas; nec (lésinai unquam Tecuin graia loqui, tecum romana vetustas.

La Fontaine, traduisant deux vers d'un poète latin :

Je puiserai pour vous chez les vieux écrivains...

Soyez-leur attentif, même aux choses légères .

Itoileau, Art. port., II, en parlant de Tliéocrilc et de Virgile : due leurs tendres écrits, par les Grâces dictés.

Ne quittent point vos mains, jour et nuit feuilletés.

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