‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 392 sur 496 · V. 26. Comparer avec le v. 39 de l'Élégie xxtv du livre I · texte numérisé non relu

V. 26. Comparer avec le v. 39 de l'Élégie xxtv du livre I

ÉPITRES

11 se troublait dès lors au souris d’une belle.

Qu’à sa pente première il est resté fidèle!

C’est là, c’est en aimant, que pour louer ton choix Les Muses elles-même adouciront ta voix.

Du sein de notre amie, oh! combien notre lyre 55

Abonde à publier sa beauté, son empire,

Ses grâces, son amour de tant d’amour payé!

Mais quoi! pour être heureux faut-il être envié?

Quand même auprès de toi les yeux de ta maîtresse N’attireraient jamais les ondes du Permesse, 40

Qu’importe? penses-tu qu’il ait perdu ses jours Celui qui, se livrant à ses chères amours,

Recueilli dans sa joie, eut pour toute science De jouir en secret, fut heureux en silence?

A DE PANGE AÎNÉ

De Pange, ami chéri, jeune homme heureux et sage,

Parle, de ce matin dis-moi quel est l’ouvrage?

V. 44. Dans toutes les éditions précédentes, d'après l'édition de 1819, l’épître continue :

Qu'il est doux, au retour de la froide saison! etc.

Il est impossible de trouver un lien entre l’épître et ce fragment. C'est probablement une des moins heureuses coutures de M. de Latouche. Nous avons placé le fragment dans l'Art d'aimer ; c’est un tableau complet et plein de grâce, qui, parmi les papiers du poète, attendait sa place définitive. L’épitre telle que nous la donnons est parfaitement achevée, et dans la pensée, et dans le mouvement, et dans la contexture de la dernière phrase.

VI. — Cette épîtreest composée sur lo plan de l’épître d'Horace (I, iv' adressée à libelle :

Allé, nostrorum sermonum candide judex,

Quid mme te dicam facerc in regione Pcdana?etc.

A DE PANGE

Du vertueux bonheur montres-tu les chemins A ce frère naissant dont j’ai vu que tes mains Aiment à cultiver la charmante espérance? G

Ou bien vas-tu cherchant dans l’ombre et le silence,

Seul, quel encens le Gange aux flots religieux

Vit les premiers humains brûler aux pieds des dieux?

Ou comment dans sa route, avec force tracée,

Descartes n’a point su contenir sa pensée? 10

Consumant ma jeunesse en un loisir plus vain,

Seul, animé du feu que nous nommons divin,

Qui pour moi chaque jour ne luit qu’avec l’aurore,

Je rêve assis au bord de cette onde sonore

Qu’au penchant d’Hélicon, pour arroser ses bois, is

Le quadr upède ailé fit jaillir autrefois.

A nos festins d’hier un souvenir fidèle

Reporte mes souhaits, me flatte, me rappelle

Tes pensers, tes discours, et quelquefois les miens,

L’amicale douceur de tes chers entretiens, 20

V. 5. « L'espérance de quelqu'un, » c’est -à-tlire l’espérance que nous donne quelqu'un. Molière a dit de mémo dans l'Ecole des femmes, IV, 1 .

Je l'aurai fait passer chez moi dès son enfance,

Et feu aurai chéri la plus tendre espérance.

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