‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 400 sur 496 · V. 59. Édit · texte numérisé non relu

V. 59. Édit

Nul genre, s'échappant de ces bornes prescrites.

V. G’2. Gilbert, dans le Dix-huitième siècle, a développé la même pensée :

Quel désordre nouveau >c montre à mes regards !...

Des genres opposés bizarrement unis...

Tantôt c'est un rimeur dont la musc étourdie,

Dans un conte, ennobli du nom de comédie,

Passe, en dépit du goût, du touchant au bouffon,

Et marie une farce avec un long sermon...

340 POÈMES

Réparaient des beaux-arts les longues funérailles.

De Sophocle et d’Eschyle ardents admirateurs,

De leur auguste exemple élèves inventeurs, "o

Des hommes immortels firent sur notre scène Revivre aux yeux français les théâtres d'Àthène.

Comme eux, instruit par eux, Voltaire offre à nos pleurs Des grands infortunés les illustres douleurs ;

D’autres esprits divins, fouillant d’autres ruines, 7î.

Sous l’amas des débris, des ronces, des épines,

Ont su, pleins des écrits des Grecs et des Romains,

Retrouver, parcourir leurs antiques chemins.

Mais, ô la belle palme et quel trésor de gloire

Pour celui qui, cherchant la plus noble victoire, so

D’un si grand labyrinthe affrontant les hasards,

Saura guider sa Muse aux immenses regards,

De mille longs détours à la fois occupée,

Dans les sentiers confus d’une vaste épopée ;

Lui dire d’ètre libre, et qu’elle n’aille pas 8r

De Virgile et d’Homère épier tous les pas,

Par leur secours à peine à leurs pieds élevée ;

Mais qu’auprès de leurs chars, dans un char enlevée.

Sur leurs sentiers marqués de vestiges si beaux,

Sa roue ose imprimer des vestiges nouveaux ! 90

Quoi ! faut-il, ne s’armant que de timides voiles,

N’avoir que ces grands noms pour Nord et pour étoiles,

Les côtoyer sans cesse, et n’oser un instant,

Seul et loin de tout bord, intrépide et flottant.

Aller sonder les flancs du plus lointain Nérée, t*r.

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