‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 418 sur 496 · V. — Cette belle image rappelle Manilius, Astr., IV · texte numérisé non relu

V. — Cette belle image rappelle Manilius, Astr., IV

Sic altis natura manet consepta tenebris.

Et verum in cæco est, multaque amhagine rerum.

Dans André, le philosophe est assis au centre ; dans Manilius, c’est la Vérité elle-même. Cette forêt sombre, n'est-cc pas la forêt mên c de la vie au centre de laquelle Perse, Sut., 34, place l’homme irrésolu? — Cf. Boileau, Sat., IV.

VI — C’est, plus développée, la comparaison de Lucrèce, I, 405 . Namquc canes ut montiragie porsæpe ferai Naribus inveniunt intectas fronde quietes,

Cum semel institerunt vesligia corta viaf .

Sic alid es alio perte tute ipse videre Talihus in rebus poteris, cæcasque lalchras Insinuare omneis, et verum protrahere indc.

V. 3 a Aux vestiges connus. » C’est l’expression de Virgile, Enéide VII, 480 :

..... Et noto nares cnntingit odore.

HERMÈS

D’un agile chevreuil suit les pas odorants.

L’animal, pour tromper leur course suspendue, 5

Bondit, s’écarte, fuit, et la trace esf perdue.

Furieux, de ses pas cachés dans ces déserts,

Leur narine inquiète interroge les airs,

Par qui bientôt frappés de sa trace nouvelle.

Ils volent à grands cris sur sa route fidèle. » 10

VII. — Fa pensée suivante, pour le ton, fait songer à Pascal; la brusquerie du début nous représente asseï bien André en personne, causant :

« L'homme juge toujours les choses par les rapports qu’elles ont avec lui. C’est bête. Le jeune homme se perd dans un tas de projets comme s’il devait vivre mille ans. Le vieillard qui a usé la vie est inquiet et triste. Son importune envie ne voudrait pas que la jeunesse l’usât à son tour. Il crie : Tout est vanité! — Oui, tout est vain sans doute, et cette manie, cette inquiétude, cette fausse philosophie, venue malgré toi lorsque tu nç peux plus remuer, est plus vaine encore que tout le reste. »

VIII. — Le poète se proposait de clore le morceau des sens par le développement de cette idée :

« Si quelques individus, quelques générations, quelques peuples, donnent dans un vice ou dans une emeur, cela n’empéche que l’âme et le jugement du genre humain tout entier ne soient portés à la vertu et à la vérité, comme le bois d'un arc, quoique courbé et plié un moment, n’en a pas moins un désir invincible d’être droit, et ne s’en redresse pas moins dès qu’il le peut. Pourtant, quand

Page 1