‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 422 sur 496 · XIV. — Comme le dit Lucrèce, I · texte numérisé non relu

XIV. — Comme le dit Lucrèce, I

Sæpius nlim

Relligio peperit scelerosa et impia facta.

Lucrèce cite comme exemple le sacrifice d'Iphigénie qu'on immole à la demande de Calchas, pour obtenir un souffle de la brise '

Tantum relligio potuil suadere maloruin !

«Apis, » dieu égyptien, ou mieux, l’emblème d’Osiris ; c’était le taureau sacré auquel on rendait des honneurs (Hérodote, III, xxviu). —

POÈMES

« Lorsqu’il sera question des sacrifices humains, ne pas oublier ce que partout on a appelé les jugements de Dieu, les fers rouges, l'eau bouillante, les combats particuliers. Que d’hommes dans tous les pays ont été immolés par un éclat de tonnerre ou telle autre cause!...

Partout sur des autels j’entends mugir Apis Bêler le dieu d’Ammon, aboyer Anubis. #

XV. — A ces époques de tâtonnements et de délire, avant la vraie civilisation trouvée, que de vies humaines en pure perte dépensées! « Que de générations l’une sur l’autre entassées, dont l'amas

Sur les temps écoulés invisible et flottant A tracé dans cette onde un sillon d’un instant ! »

XVI. — Après ses souvenirs des époques d’égarements et d’anarchies, le sage magicien eût sans doute jeté un regard sur la vraie civilisation et déroulé les merveilles utiles h ses auditeurs attentifs. Et pour clore son deuxième chant par un tableau poétique, André eût peint ces derniers pressés autour de lui et prêtant une oreille avide aux discours de ce sage qu’il eût comparé à Orphée expliquant les merveilles de l’univers aux Argonautes assemblés :

Ainsi, quand de l’Euxin la déesse étonnée Vit du premier vaisseau son onde sillonnée,

Aux héros de la Grèce à Colchos appelés

c Amman, » le Jupiter égyptien, qu’on représente avec une tête de bélier (Hérodote, II, xlii). — « Anubi *. » le Mercure égyptien, représenté sous la forme d’un chien. Voy. Plutarque, de Isi et Osiri, XIV. Cf. Diodore, III, lxxiii, XVII, t. — Ovide, Met., V, 17 : « Corniger Ammon; » et Mét-, IX, 689 : « I.atrator Anubis. » — Virgile, Enéide, VIII, 098 :

Omnigenumque deum monslra, et latrator Anubis.

XVI. — Ce beau fragment s’explique dt lui-même par l'introduction du sage magicien, personnage qui ne nous a été révélé que par la publication de M. Egger.

V. 1 . Ce sont les nymphes de Pélion, qu’Apollonius (I, 5i9) nous montre étonnées du premier vaisseau qu’elles voient sillonner la mer.

HERMÈS

Orphée expédiait les mystères sacrés

Dont sa mère immortelle avait daigné l’instruire 5

Près de la poupe assis, appuyé sur sa lyre,

Il chantait quelles lois à ce vaste univers Impriment à la fois des mouvements divers;

Quelle puissance entraîne ou fixe les étoiles;

D’où le souffle des vents vient animer les voiles, 10

Dans l’ombre de la nuit, quels célestes flambeaux Sur l’aveugle Amphitrite éclairent les vaisseaux.

Ardents à recueillir ces merveilles utiles,

Autour du demi-dieu, les princes immobiles

Aux accents de sa voix demeuraient suspendus, r,

Et l’écoutaient encor quand il ne chantait plus.

V. 4. * Expédiait, » expliquait, développait; c’est Vexpedtre des Latins. Virgile, Enéide, III, 458 :

Ilia tibi Italisc popu'os, venluraque hella,

Et, quocumque modo fugiasque ferasque laborem.

Expédiai

C’est ainsi que Corneille, imitant Virgile [Géorg., IV, 897), l'a employé dans Mélite, IV, i ;

l'entends à demi-mot ; achève et m'expédie Promptement le motif de cette maladie.

V 5. Calliopc.

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