II. — Publié par M. Egger
POÈMES
sation, combien il accorde d’influence à l'initiative des sages et des philosophes qui ont éclairé leurs semblables :
Chassez de vos autels, juges vains et frivoles,
Ces héros conquérants, meurtrières idoles,
Tous ces grands noms, enfants des crimes, des malheurs.
De massacres fumants, teints de sang et de pleurs.
Venez tomber aux pieds de plus nobles images : 3
Voyez ces hommes saints, ces sublimes courages,
Héi •os dont les vertus, les travaux bienfaisants,
Ont éclairé la terre et mérité l’encens ;
Qui, dépouillés d’eux-même et vivant pour leurs frères,
Les ont soumis au frein des règles salutaires, to
Au joug de leur bonheur ; les- ont faits citoyens;
En leur donnant des lois leur ont donné des biens,
Des forces, des parents, la liberté, la vie;
Enlin qui d’un pays ont fait une patrie.
Et que de fois pourtant leurs frères envieux 15
Ont d’affronts insensés, de mépris odieux,
Accueilli les bienfaits de ces illustres guides.
Comme dans leurs maisons ces animaux stupides
Dont la dent méfiante ose outrager la main
Qui se tendait vers eux pour apaiser leur faim ! *1
Mais n’importe ; un grand homme au milieu des supplices
Goûte de la vertu les augustes délices.
III. — V. 2. « Meurtrières idoles, s Racine, Phèdre, V, vu, a employé « meurtrière » dans la même acception poétique :
Je hais jusque* aux soins dont m’honorent les dieux,
Et je m’en vais pleurer leur.' faveur* meurtrières.