ÉPILOGUE
O mon fils, mon Hermès, ma plus belle espérance,
O fruit des longs travaux de ma persévérance,
Toi, l’objet le plus cher des veilles de dix ans,
Qui m’as coûté des soins et si doux et si lents;
Confident de ma joie et remède à mes peines ; 5
Sur les lointaines mers, sur les terres lointaines,
Compagnon bien-aimé de mes pas incertains,
O mon lils, aujourd'hui quels seront tes destins?
Une mère longtemps se cache ses alarmes ;
Elle-même à son fils veut attacher ses armes : 10
Mais, quand il faut partir, ses bras, ses faibles bras,
Ne peuvent sans terreur l’envoyer aux combats.
Dans la France, pour toi, que faut-il que j’espère?
Jadis, enfant chéri, dans la maison d’un père
Qui te regardait naître et grandir sous ses yeux, u>
Tu pouvais sans péril, disciple curieux, ^
XII. — « Des derniers Africains. » [Latinisme. Virgile, Enéide, XII, 334 : « Ultinia Thraca ; » Horace, Odes, II, xvm : « UUima Africa ; » et Odes, I, xxxvi : a Ultinia Hesperia. » Claudien, contre Ru fin, II, 148 < Quidquid regat ullima Tethys. » J. -B. Rousseau, Ode au prince île Vendôme, imitant Horace : « Jusqu'à la dernière Hespérie. « Voltaire a dit même en prose : a II étendit ses soins jusque sur cette partie du genre humain qu’on achète chez les derniers Africains. » Boissonaue.