‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 472 sur 496 · MO · texte numérisé non relu

MO

HYMNES

Des tigres frémissants ne redoutent la voix ;

Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes. 10

Les chênes, les sapins et les ormes épais En utiles rameaux ombragent tes sommets ;

Et de Beaune et d’Aï les rives fortunées,

Et la riche Aquitaine, et les hauts Pyrénées,

Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux 15 Des vins délicieux mûris sur leurs coteaux.

La Provence odorante, et de Zéphyre aimée,

Respire sur les mers une haleine embaumée,

Au bord des flots couvrant, délicieux trésor,

L’orange et le citron de leur tunique d’or ; 20

Et plus loin, au penchant des collines pierreuses,

Forme la grasse olive aux liqueurs savoureuses,

Et ces réseaux légers, diaphanes habits.

Où la fraîche grenade enferme ses rubis.

Sur tes rochers touffus la chèvre se hérisse, 25

Tes prés enflent de lait la féconde génisse,

Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon,

Épaissir le tissu de leur blanche toison.

Pans les fertiles champs voisins de la Touraine,

Dans ceux où l’Océan boit l’urne de la Seine, 30

S’élèvent pour le frein des coursiers belliqueux.

Ajoutez cet amas de fleuves tortueux :

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