ANTISTROPHE I
Tu crois, d’un éternel flambeau Éclairant les forfaits d’une horde ennemie, 1-,
V. — V. 3. Horace, Odes, IV, viii, a Hit de la mort par «ne image semblable :
Dignum laude virum Musa votai mori :
Cnelo Musa beat. Sic Jovis intorest Optatis epulis impigcr Hercules.
V. 13. Quand le mot magnanime se rapporte à des choses, il signifie gui est d' une grande âme. Corneille, Tileet Dér., II, i, a dit :
Cette horreur magnanime
Qu'en recevant le jour je conçus pour le crime.
ET ODES
Défendre à la nuit du tombeau D’ensevelir leur infamie;
Déjà tu penses voir, des bouts de l' univers.
Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers,
Frémir l’horreur publique, et d’honneur et de gloire in Fleurir ma tombe et ta mémoire ;
Comme autrefois tes Grecs accouraient à des jeux,
Quand l’amoureux neuve d’Elide Eut de traîtres punis vu triompher Alcide ;
Ou quand l’arc pythien d’un reptile fougueux 25
Eut purgé les champs de Phocide.
ÉPODE i
Vain espoir! inutile soin !
Ramper est des humains l’ambition commune;
C’est leur plaisir, c’est leur besoin.
Voir fatigue leurs yeux, juger les importune; 30
Ils laissent juger la Fortune,
Qui fait juste celui qu’elle fait tout-puissant.
Ce n’est point la vertu, c’est la seule victoire Qui donne et l’honneur et la gloire.
Teint du sang des vaincus, tout glaive est innocent. 35
STROTHE 11
Que tant d'opprimés expirants Aillent aux cieux réveiller le supplice;
V. 23. L’Alphéc, fleuve d'Klide, après setre jeté dans la mer, continuait, disait-on, son cours sans mêler ses ondes à celles de la mer, et reparaissait dans le lit de l’Aréthuse, en Sicile. Voy. Stralion, VI, 11, où il discute longuement la question. Cf. Stace, Silv., I, 11, 203, et 111, 08 ; Ovide, Am., III, vi ; Clnudicn, Élog. de Stil., 1, 186. C’étaient lesOlympiques qu’on célébrait sur les bords de i’Alphée.
V. 25. Les Pythiques furent instituées, dit-on, en mémoire de la victoire que remporta Apollon sur le serpent Python; voy. Homère, Hymne à Apollon ; Schol. Pind., Pyth.
HYMNES
Que sur ces monstres dévorants Son bras d’airain s’appesantisse;
Qu’ils tombent; à l’instant vois-tu leurs noms flétris, 40 Par le peuple vénal leurs cadavres meurtris,
Et pour jamais transmise à la publique ivresse Ta louange avec leur bassesse ?
Mais si Mars est pour eux, leurs vertus, leurs bienfaits
Sont bénis de la terre entière. 45
Tout s’obscurcit auprès de la splendeur guerrière ;
Elle éblouit les yeux, et sur les noirs forfaits Étend un voile de lumière.
ANTISTHOPHE II
Dès lors l’étranger étonné
Se tait avec respect devant leur sceptre immense ; so
Leur peuple à leurs pieds enchaîné,
V. 4 t. Celte sirop' c est d'une grande beauté ; elle développe la pensée exprimée dans ces vers de l.ucain, VII, 487 :
Itapil omnia casus;
Alquc incerta facil, quos vull, Fortuna nocenlcs.
Quinc sait par cœur ce passage de Corneille, Mort de Pompée, III, u :
Grâces à ma victoire, on me rend de> hommages Où ma fuite eût rci;u toutes sortes d'outrages :
Au vainqueur, non à moi, vous faites tout l'honneur;
Si César en jouit, ce n’est que par bonheur.
Amitié dangereuse et redoutable zèle,
Que règle la Fortune et qui tourne avec elle!
Dans la mémo pièce (I, lit), lorsque Cléopâtre appelle Pompée un grand homme, Ptolémée répond ;
Au sortir de Pharsale est-ce ainsi qu'on le nomme?
Et, pour citer encore le grand Corneille, Mort de Pompée, I, t :
Seigneur, quand par le fer les choses sont vidées,
La justice cl le droit sont de vaines idées.
» Dans son Dictionnaire philosophique , art. Théodose, Voltaire s’écrie ; a Malheur aux vainens; bénis soient les victorieux! voilà la devise du genre humain, a
V. 50. « Sceptre immense, » puissant, comme immensus en latin.
ET ODES
Vantant jusqnes à leur clémence,
Nous voue à la risée, à l’opprobre, aux tourments,
Nous, de la vertu libre indomptables amants.
Humains, lâche troupeau... Mais qu’importent au sage 55 Votre blâme, votre suffrage,
Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux Vos passions précipitées ?
Il nous faut tous mourir. A sa vie ajoutées.
Au prix du déshonneur, quelques heures de plus CO
Lui sembleraient trop achetées.