V. 126. Malherbe, p. 190, a dit
Et dans les savantes oreilles Verser de si douces merveilles.
Vndré se souvient du vers qu’un poète de Y Anthologie, IX, 455, met dans la bouche d'Apollon :
'Hîièov pèv ëycùv, Ixxpaoit Se flefo; ’O/ixpo;.
V. 128. C’est là le touchant début de l 'Œdipe à Cohue de Sophocle : Ti/.vov rusloü yipovroj, ’Avrtydv)), riva;
X'.i po'Ji xpiyp.eb' >î Tiv6iv àvôpcâv jrci/cv;
— Syros est l’ile heureuse où nous vivons, mon père.
— Salut, belle Syros, deux fois hospitalière ! iso
Car sur ses bords heureux je suis déjà venu ;
Amis, je la connais. Vos pères m’ont connu :
Us croissaient comme vous ; mes yeux s’ouvraient encore Au soleil, au printemps, aux roses de l’aurore;
J’étais jeune et vaillant. Aux danses des guerriers, i3o A la course, aux combats, j’ai paru des premiers.
J’ai vu Corinthe, Àrgos, et Crète, et les cent villes,
Et du fleuve Ægyptus les rivages fertiles ;
Mais la terre et la mer, et l’àge et les malheurs,
Ont épuisé ce corps fatigué de jdouleurs. uo
La voix me reste. Ainsi la cigale innocente,
V. 129. C'est par erreur que les éditions précédentes donnent Sicos ; il n’existe pas d’ilc de ce nom; mais Homère connaissait et avait visité Syros, île fertile qu'il décrit au cliant XV de l 'Odyssée, 403 ; cf. Strabon, X, v, 8. Chénier avait peut-être écrit Syros par un i (Siros).
V. 153-134. En écrivant ces beaux vers, André se souvenait sans doute de ceux de Milton, Par. perd., III, 41 :
But not to lue relurus
Dav, or the sweet approach of even or morn,
Or sight of vernal liloom, or summer’s rose...
V. 135. Le premier hémistiche semble un souvenir d'un vers des ïambes attribués à Tyrtée et conservés par Plutarque, I.yc., XXI, ou plutôt de la poétique traduction d’Amyot ;
Nous avons été jadis Jeunes, vaillants et hardis.
V. 158. « Ægyptus , » ancien nom du Nil; llom., Odyss., XVII, 427, et XIV, 246. Cf. Strabon, I, h, 29 ; Diodore de Sicile, 1, 19.