‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 78 sur 496 · V. 8. Odyssée, VI · texte numérisé non relu

V. 8. Odyssée, VI

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André se souvient plus directement de Virgile, Énéide, III, 590 :

Quum subito e silvis, macie confecta suprema Ignoti nova forma viri, miscrandaque cultu,

Procedit, supplexque manus ad littora tendit.

Respicimus : dira illuvies, immissaque barba,

Consertum tegmen spinis

Voy. le portrait dePhinéc dans Apollonius, Arg., II, 197.

PETITS POÈMES

Tout pâle, demi-nu, la barbe hérissée :

11 remuait à peine une lèvre glacée, 10

Des hommes et des dieux implorait le secours.

Et dans la forêt sombre errait depuis deux jours.

Il se traîne, il n’attend qu’une mort douloureuse ;

Il succombe. L’enfant, interdite et peureuse,

A ce hideux aspect sorti du fond du bois, 15

Veut fuir ; mais elle entend sa lamentable voix.

Il tend les bras, il tombe à genoux; il lui crie Qu’au nom de tous les dieux il la conjure, il prie.

Et qu'il n’est point à craindre, et qu’une ardente faim L’aiguillonne et le tue, et qu’il expire enfin. 20

« Si, comme je le crois, belle dès ton enfance,

C’est le dieu de ces eaux qui t’a donné naissance,

Nymphe, souvent les vœux des malheureux humains Ouvrent des immortels les bienfaisantes mains.

Ou si c’est quelque front porteur d’une couronne 25

Qui te nomme sa fille et te destine au trône,

Souviens-toi, jeune enfant, que le ciel quelquefois Venge les opprimés sur la tète des rois.

Belle vierge, sans doute enfant d’une déesse,

Crains de laisser périr l’étranger en détresse ; 30

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