LE MENDIANT
C’était quand le printemps a reverdi les prés. La fille de Lycus, vierge aux cheveux dorés, Sous les monts Achéens, non loin de Cérynée,
Errait à l’ombre, aux bord*s du faible et pur Crathis •
Car les eaux du Crathis, sous des berceaux de frêne, s
Entouraient de Lycus le fertile domaine.
Soudain, à l'autre bord,
Du fond d’un bois épais un noir fantôme sort,
II. — L’arrivée d'Ulysse chez lés Phéaciens, au VIe livre de l 'Odyssée, a inspiré à André ce petit poème du Mendiant, qui, entre autres mérites, a celui de présenter dans un cadre peu étendu une étude exacte et heureuse de la manière dont les anciens exerçaient l’hospitalité.
V. I. Ronsard, Am., II, Voyage de Tours, a un début semblable: C'estoit en la saison que l'amoureuse Flore Faisoit pour son amy les fleurettes esclore.
V. 4. Il ne faut pas confondre ce Crathis, fleuve d’Acliaïe, qui se jette dans le golfe de Corinthe (Pausanias, VII, xxv), avec le Crathis dont parle Théocrite, Idyl., V, 16, 124, et qui est un fleuve italien; voy. Schol. Théoc., V, 124. Cérynée et le Crathis sont aussi nommés daps Strabon, VIII, vit, 4 et 5. Dans l'Odyssée, Nausicaa et ses compagnes sont, sur les bords du fleuve, occupées à laver leurs vêlements.