V. 127-128. Homère, Odyssée, XVII
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PETITS POÈMES. 35
Mon hôte, lève-toi. Tu parais noble et sage ;
Mais cesse avec ta main de cacher ton visage. 130
Souvent marchent ensemble indigence et vertu ;
Souvent d’un vil manteau le sage revêtu,
Seul vit avec les dieux et brave un sort inique.
Couvert de chauds tissus, à l’ombre du portique.
Sur de molles toisons, en un calme sommeil, 135
Tu peux ici dans l’ombre attendre le soleil.
Je te ferai revoir tes foyers, ta patrie,
Tes parents, si les dieux ont épargné leur vie ;
Car tout mortel errant nourrit un long amour D’aller revoir le sol qui lui donna le jour. uo
Mon hôte, tu franchis le seuil de ma failli lie A l’heure qui jadis a vu naître ma fille ;
Salut ! Vois, l’on t’apporte et la table et le pain :
Salutation amicale et toute grecque ; c'est ainsi qu’on s'abordait sur cette terre heureuse, où sous le chaume ou naissait poète. Cf. Sophocle, OEd. roi, 948. — Quant au que qui précède la formule de souhait et qui s’explique par une ellipse, on le trouve employé de même dans Molière ; ainsi, dans le Dépit ont., III, iv :
Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères !
C'est la formule un peu oratoire des Latins : Quod utinam... !