‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 99 sur 496 · V. 275.; Cf. Sophocle, Philoct., 172 et 701 (Musg · texte numérisé non relu

V. 275.; Cf. Sophocle, Philoct., 172 et 701 (Musg

V. 278. Nous avons préféré la leçon de Fayolle à celle de M. de Latouche :

Des corbeaux et des loups les tristes hurlements.

V. 282. « Il sc (raine. » Après une phrase à périodes nombreuses et remarquablement construite, André rejette savamment le verbe à la fin. 11 est rare de trouver dans un poêle une inspiration ainsi composée d’abondance et de clarté.

PETITS POÈMES

A la porte d’un temple, en invoquant la mort.

— Que m'as-tu dit? La foudre a tombé sur ma tête.

Dieux î ah ï grands dieux ! partons. Plus de jeux, plus de fête, Parlons. 11 faut vers lui trouver des chemins sûrs ;

Partons. Jamais sans lui je ne revois ces murs.

Ah! dieux! quand dans le vin, les festins, l'abondance,

Enivré des vapeurs d’une folle opulence.

Celui qui lui doit tout chante, et s’oublie, et rit, 290

Lui, peut-être il expire, affamé, nu, proscrit,

Maudissant comme ingrat son vieil ami qui l’aime.

Parle : était-ce bien lui? le connais-tu toi-même?

En quels lieux était-il ? où portait-il ses pas ?

11 sait où vit Lycus ; pourquoi ne vient-il pas ? 293

Parle : était-ce bien lui ? parle, parle, te dis-je ;

Où l’as-tu vu ? — Mon hôte, à regret je t’afflige.

C’était lui, je l’ai vu

Les douleurs de son âme

Avaient changé ses traits. Ses deux fils et sa femme, sco A Delphes, confiés au ministre du dieu,

Vivaient de quelques dons offerts dans le saint lieu.

Par des sentiers secrets fuyant l’aspect des villes,

Y. 291. Odyssée, XIV, 42 :

A jrà/5 /tïvo; itXSoptvoi rrov iàu')?,,

rrisiÇs T iit’ àXXodpôotv àvSpùv Sr,/i6v t e rroliv te, tî Trou itt x»i opà tpio; fieXtoio.

V. 502. La cause de la fuite de Cléotas pouvait être l’accusation d'un meurtre, commis sans doute à la suite de dissensions politiques. Los meurtriers allaient chercher un asile à Delphes, comme Oreste, dans Eschyle, Choéph., 1021. Chargé d'une telle accusation, on trouvait un refuge chez un peuple voisin, comme il est dit dans un passage. d'Hésiode. Scut., 12, qui a quelque rapport avec celui-ci. Quant aux dons offerts, ce n’était pas seulement un effet de. la honte des habitants, mais encore un devoir religieux (Hésiode, Seul., 85).

Y. 503-505. Cléotas, proscrit par sa patrie, fuyait, avec sa femme et ses fils, les villes de Thessalie. On les avait suivis c'est-à-dire pour-

On les avait suivis jusques aux Thermopyles.

Il en gardait encore un douloureux effroi. 505

.le le connais ; je fus son ami comme toi.

D’un même sort jaloux une même injustice Nous a tous deux plongés au même précipice.

11 me donna jadis (ce bien seul m’est resté)

Sa marque d’alliance et d’hospitalité. r.:o

Vois si tu la connais. » De surprise immobile,

Lycus a reconnu son propre sceau d’argile,

Ce sceau, don mutuel d’immortelle amitié,

Jadis à Cléotas par lui-même envoyé.

suivis) jusqu’aux Thermopyles, limites de la Thessalie et de la Grèce. C’est de cette poursuite qu’il gardait un douloureux effroi. Il avait confié sa femme et ses fds à Delphes, au ministre du dieu, et s'était seul, à pied, acheminé vers le pays habité par Lycus.

V. 310. Allusion à l'usage qui caractérise le mieux l'hospitalité chez les anciens et qui est parfaitement décrit dans Euripide, Mcdce, 610 :

’AÀa’ et ti goiiet nxiiiv JJ aaoTif puyÿi; npoztii^ùytjj.ot jfpj/isérwv i/i&v JaSeïv,

Xiy’ ' Îroi/J-Oi à?6dvu éoüvxt X ’-[■ [ ’

Çtvo i{ tj izifinctv £û/iêo/’ oî Spxaovzi s’ tZ.

Sôju6o)ov était le terme général, comme en latin symbolum; ou bien encore cf,u.x, et en latin signum ; voy. le Schol. d’Euripide. Les signes, sur lesquels on pouvait écrire, consistaient en tablettes pliées, comme dans Homère, Iliade, VI, 169, ou bien en petites lames d’argile, lessera ; voy. Plaute, Bacch., Il, m, 29 ; Pœn., V, 1, 25, et V, n, 87. Souvent, on se contentait de partager un osselet, dont chacun devait garder une moitié [Schol. Eurip.). — Le signe de reconnaissance dont parle Chénier, le sceau, est ce que les Grecs appelaient cypayf; ; ce mot s'employait souvent comme terme général synonyme de cj/iêolov, voy. Aristophane, Ois., 1213; quelquefois il désignait une empreinte, une marque de famille imprimée sur le corps, comme dans Sophocle, Electre, 1232. — Dans le cachet qu’on mettait au doigt, il désignait la pierre sur laquelle on gravait tantôt des caractères, tantôt de petits tableaux. Voy. une épigramme de Polémon, Anth. Grot.,IV, xvm, v. Quelquefois le signe dont on se servait était seulement l’empreinte du cachet ; voy. Sophocle, Trach., 623.

V. 311. Nous avons préféré la leçon de Fayolle. La correction do M. de Latouche n’est pas dans le style d’André.

Vois si tu le connais. » 0 surprise ! Immobile.

PETITS POÈMES il

Il ouvre un œil avide, et longtemps envisage sis

L’étranger. Puis enfin sa voix trouve un passage :

« Est-ce toi, Cléotas, toi, qu'ainsi je revoi?

Tout ici t’appartient. 0 mon père! est-ce toi?

Je rougis que mes yeux aient pu te méconnaître.

Cléotas, ô mon père ! ô toi qui lus mon maître, 3-:o

Viens ; je n’ai fait ici que garder ton trésor,

Et ton ancien Lycus veut te servir encor.

J’ai honte à ma fortune en regardant la tienne. »

Et dépouillant soudain la pourpre tyrienne

Que tient sur son épaule une agrafe d’argent, 525

H l’attache lui-même à l’auguste indigent.

Les convives levés l’entourent ; l’allégresse Rayonne en tous les yeux. La famille s’empresse ;

On cherche des habits, on réchauffe le bain.

La jeune enfant approche ; il rit, lui tend la main : 530

« Car c’est toi, lui dit-il, c’est toi qui la première,

Ma fille, m’as ouvert la porte hospitalière. »

Y. 320. Toutes les éditions, contrairement à Fayolle :

0 Cléotas ! mon père ! 6 toi qui fus mon maître.

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