‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 10 sur 424 · A LOUIS DAVID, PEINTRE · texte numérisé non relu

A LOUIS DAVID, PEINTRE

Reprends ta robe d’or, ceins ton riche bandeau,

Jeune et divine Poésie !

Quoique ces temps d’orage éclipsent ton flambeau,

Aux lèvres de David, roi du savant pinceau,

Porte la coupe d’ambroisie. 5

l.a patrie, à son art indiquant nos beaux jours,

A confirmé mes antiques discours ,

Lk Jeu de paume. — Dans l’élude sur les œuvres d'André, nous avons parlé de celte pièce; nous u’ y reviendrons pas ici. — Pour le teste, nous avons fidèlement suivi la brochure qu’ André fit lui -môme imprimer en 1791.

LE JEU DE PAUME Quand je lui répétais que la liberté mâle Des arts^ést le génie heureux ;

Que nul talent n’est fils de la faveur royale; • 10

Qu’un pays libre est leur terre natale.

Là, sous un soleil généreux,

Ces arts, fleurs de la vie et délices du monde,

Forts, à leur croissance livrés,

Atteignent leur grandeur féconde : 15

La palette offre l’âme aux regards enivrés;

Les antres de Paros de dieux peuplent la terre;

L’airain coule et respire ; en portiques sacrés S’élancent le marbre et la pierre.

Toi-même, belle vierge à la touchante voix, 20

Nymphe ailée, aimable sirène,

Ta langue s’amollit dans le palais des rois ;

Ta hauteur se rabaisse, et d’enfantines lois Oppriment ta marche incertaine ;

Ton feu n’est que lueur, ta beauté n’est que fard. 25 La liberté, du génie et de l’art T’ouvre tous les trésors. Ta grâce auguste et fière De nature et d’éternité

Fleurit. Tes pas sont grands. Ton front ceint de lumière

Y. 16. André dit dans Y/fermè s:

C’e*t alors que le fer 1 la pierre, aux métaux.

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