‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 106 sur 424 · V. 94. Voy. plus loin, v · texte numérisé non relu

V. 94. Voy. plus loin, v

V. 107. « Du chaume, » précision. Calpurnius, F.gl. VIII, 6G :

Haut Fauol , quod quiaquc valet , de vite racemos.

Dr campo rulmos, omnique es arbore frugcs.

IDYLLES

LE BERGER

Non : les danses, les jeux, les plaisirs des bergers,

Sont à mon triste cœur des plaisirs étrangers. tio

Que parles-tu de dieux, de nymphes et d’offrandes ?

Moi, je n’ai pour les dieux ni chaume ni guirlandes :

Je les crains, car j’ai vu leur foudre et leurs éclairs ;

Je ne les aime pas, ils m’ont donné des fers.

LE CHEVRIER

Eh bien ! que n’aimes-tu ? Quelle amertume extrême ns Résiste aux doux souris d’une vierge qu’on aime ?

L’autre jour, à la mienne, en ce bois fortuné,

Je vins offrir le don d’un chevreau nouveau-né.

Son œil tomba sur moi, si doux, si beau, si tendre !...

Sa voix prit un accent !... Je crois toujours l’entendre. 120

LE BERGER

Eli ! quel œil virginal voudrait tomber sur moi ?

Ai -je, moi, des chevreaux à donner comme toi ?

Chaque jour, par ce maître inflexible et barbare,

Mes agneaux sont comptés avec un soin avare.

Trop heureux quand il daigne à mes cris superflus 125 N’en pas redemander plus que je n’en reçus.

O juste Némésis ! si jamais je puis être

Le plus fort à mon tour, si je puis me voir maître,

Je serai dur, méchant, intraitable, sans foi,

Sanguinaire, cruel comme on l’est avec moi! 130

LE CHEVRIER

Et moi, c’est vous qu'ici pour témoins j’en appelle,

Dieux ! de mes serviteurs la cohorte fidèle

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