‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 107 sur 424 · V. 122-124. Théocrile, Idyl. VIII · texte numérisé non relu

V. 122-124. Théocrile, Idyl. VIII

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Voyez dans Virgile, ÊgL III, 32, l’imitation de ce passage de Théocrile.

POÉSIES ANTIQUES Me trouvera toujours humain, compatissant,

A leurs justes désirs facile et complaisant,

Afin qu’ils soient heureux et qu’ils aiment leur maître, 135 Et bénissent en paix l'instant qui les vit naître.

LE BERGER

Et moi, je le maudis, cet instant douloureux Qui me donna le jour pour être malheureux ;

Pour agir quand un autre exige, veut, ordonne ;

Pour n’avoir rien à moi, pour ne plaire à personne ; uo Pour endurer la faim, quand ma peine et mon deuil Engraissent d’un tyran l’insolence et l’orgueil.

LE CHEVRIER

Berger infortuné ! ta plaintive détresse

De ton cœur dans le mien fait passer la tristesse.

Vois cette chèvre mère et ces chevreaux, tous deux hs Aussi blancs que le lait qu’elle garde pour eux ;

Qu’ils aillent avec toi, je te les abandonne.

Adieu. Puisse du moins ce peu que je te donne De ta triste mémoire effacer tes malheurs ,

Et, soigné par tes mains, distraire tes douleurs ! iso

LE BERGER

Oui, donne et sois maudit ; car si j’étais plus sage,

Ces dons sont pour mon cœur d’un sinistre présage.

De mon despote avare ils choqueront les yeux.

Il ne croit pas qu’on donne : il est fourbe, envieux ;

11 dira que chez lui j’ai volé le salaire 155

Dont j’aurai pu payer les chevreaux et la mère,

Et, d’un si beau prétexte ardent à se servir,

C’est à moi que lui-méme il viendra les ravir.

Commencé le vendredi au soir io et fini le dimanche au soir

12 mars 1787.

IDYLLES

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