‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 114 sur 424 · V. 21. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 21. Éd. 1826 et

Se courbe, et s'appuyant sur la rire penchante.

IDYLLES

Leurs mains vont caressant sur sa joue enfantine

I)e la jeunesse en fleur la première étamine, 30

Ou sèchent en riant quelques pleurs gracieux

Dont la frayeur subite avait rempli ses yeux.

« Quand ces trois corps d’albâtre atteignaient le rivage, D’abord j’ai cru, dit-il, que c’était mou image Qui, de cent flots brisés prompte à suivre la loi, a*

Ondoyante, volait et s’élançait vers moi. »

Mais Alcide inquiet, que presse un noir augure,

Va, vient, le cherche, crie auprès de l’onde pure :

« Hylas ! Hylas ! » Il crie et mille et mille fois.

Le jeune enfant de loin croit entendre sa voix, 40

Et du fond des roseaux, pour adoucir sa peine,

Lui répond d’une voix inentendue et vaine.

De Pange, c’est vers toi qu’à l’heure du réveil Court cette jeune Idylle au teint frais et vermeil.

Va trouver mon ami, va, ma fdle nouvelle, 45

Lui disais-je. Aussitôt, pour te paraître belle,

L’eau pure a ranimé son front, ses yeux brillants ;

D’une étroite ceinture elle a pressé ses flancs;

Et des fleurs sur son sein, et des fleurs sur sa tète,

Et sa flûte à la main, sa flûte qui s’apprête 50

A défier un jour les pipeaux de Segrais,

Seuls connus parmi nous aux nymphes des forêts.

Y. 30. C'est bien, observe M. Sainte-Beuve, le prima lanugine malas des Latins.

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