‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 115 sur 424 · LYDÉ · texte numérisé non relu

LYDÉ

« Mon visage est flétri des regards du soleil.

Mon pied blanc sous la ronce est devenu vermeil.

.l’ai suivi tout le jour le fond de la vallée ;

Des bêlements lointains partout m’ont appelée.

J’ai couru ; tu fuyais sans doute loin de moi : 5

C’était d’autres pasteurs. Où te chercher, ô toi Le plus beau des humains ? Dis-moi, fais-moi connaître Où sont donc tes troupeaux, où tu les mènes paître.

O jeune adolescent ! tu rougis devant moi.

Vois mes traits sans couleur; ils pâlissent pour toi : 10

C’est ton front virginal, ta grâce, ta décence.

Viens; il est d’autres jeux que les jeux de l’enfance.

O jeune adolescent, viens savoir que mon cœur N’a pu de ton visage oublier la douceur.

Bel enfant, sur ton front la volupté réside ; ta

peaux de Segrais sont seuls connus aux nymphes des forêts. Segrais, bien qu’il soit resté au-dessous de ses modèles, a cependant suivi et respecté les traditions léguées par Théocrite et Virgile. Raran, en fait de poésie pastorale, a le goût italien; l’idylle lui est inconnue ; il n’a composé que des drames champêtres, qui appartiennent au genre le plus faux et le plus éloigne de la vérité. Racan était essentiellement élégiaque ; et quelques passages, où il s’est laissé aller à son instinct tendre et délicat, ont suffi pour assurer sa gloire.

VI. — L’amour de Lydé tient de la passion de Simetha (Théocrite, Idyl. II); mais Chénier a eu soin de l'adoucir et d’écarter la magic. — C’est bien cet oubli de la pudeur dont parle Virgile, quand il dépeint l’amour de Didou, Enéide y IV, 170. Tel est aussi dans Ovide, Met. IV, l’amour de Salmacis pour Hermaphrodite.

V. 15. Voyez ce que nous avons dit sur le verbe asseoir dans XAmuçIc, v. 142. Ici André emploie résider pour asseoir. En grec on mettrait if iÇrrai.

Pindare, Ném. VIII, 3, en parlant de la jeunesse :

IDYLLES

Ton regard est celui d’une vierge timide.

Ton sein blanc, que ta robe ose cacher au jour,

Semble encore ignorer qu’on soupire d’amour ;

Viens le savoir de moi ; viens, je veux te l’apprendre. Viens remettre en mes mains ton âme vierge et tendre, 20 Afin que mes leçons, moins timides que toi,

Te fassent soupirer et languir comme moi ;

Et qu’enfin rassuré, celte joue enfantine Doive à mes seuls baisers cette rougeur divine.

Ob ! je voudrais qu’ici tu vinsses un matin 25

Reposer mollement ta tète sur mon sein !

Je te verrais dormir, retenant mon haleine,

De peur de t’éveiller, ne respirant qu’à peine.

Mon écharpe de lin que je ferais flotter,

Loin de ton beau visage aurait soin d’écarter 30

l.es insectes volants et la jalouse abeille.. »

La nymphe l’aperçoit, et l’arrête, et soupire.

Vers un banc de gazon, tremblante, elle l’attire;

Elle s’assied. Il vient, timide avec candeur,

Emu d’un peu d’orgueil, de joie et de pudeur. 35

. . . . IlapOtviottn xal ttououjv èçvÇ oi-

cra pXe^afot;

Marot, Ch. div., chant royal, a dit avec asseoir:

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