V. 4t. Éd
Tu guidais mon David à te suivre empressé.
V. 49 et xuiv. André désigne plusieurs tableaux célèbres de David: la Mort de Socrale, le Retour de Brutus, Bélisaire, le Serment des Horaccs.
LE JEU DE PAUME
Rentré seul par son jugement,
Aux pieds de sa Rome si chère Savourant de son cœur le glorieux tourment; ï/obole mendié seul appui d’un grand homme ; 55
Et l’Albain terrassé dans le mâle serment Des trois frères sauveurs de Rome.
Un plus noble serment d’un si digne pinceau Appelle aujourd’hui l’industrie.
Marathon, tes Persans et leur sanglant tombeau so
Vivaient par ce bel art. Un sublime tableau Naît aussi pour notre patrie.
Elle expirait : son sang était tari ; ses flancs Ne portaient plus son poids. Depuis mille ans,
A soi-même inconnue, à son heure suprême, 65
Ses guides tremblants, incertains,
V. GO. André rappelle ici les peintures qui, à Athènes, ornaient le portique appelé le Ptpcile (noix0.7j) où Pamenus, frère de Phidias, avait représenté le combat de Marathon. Voy. Pausanias, I, xv, et V, xi ; Pline, Hht. nat. XXXV, vm.
V. 65. Les grammairiens modernes mettent une grande différence entre l'emploi de soi et l'emploi de lui. En règle il faut soi quand le sujet est indéterminé, par exemple un pronom indéfini, un infinitif, ou quand la phrase a un sens générai; il faut lui quand le sujet est déterminé. Mais les écrivants s'affranchissent souvent de cette règle, fct mettent souvent soi pour lui et réciproquement. Chénier presque toujours emploie soi. Les écrivains du dix-septième siècle, ainsi que le remarque M. Génin, Lex. de Molière , p. 377, faisaient de même, partout où le latin aurait mis se, sibi , au heu de ilium , illi. Racine, Phèdre, II, v, nous peint Thésée *
Charmant, Jeune, traînant tous les cœurs apres toi.
Molière, Tari. 1, 1 :
Je tous dis que mon fils n’a rirn fait de plus sage Qu’en recueillant chez toi ce dévot personnage.
Molière, Pest. de pierre , III, i, a dit au contraire : « Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-lâ , ces rochers, cette terre et ce ciel que voilà là-haut , et si tout cela s’est bâti de lui-méme ? »
A LOUIS DAVID
Fuyaient. Il fallut donc, dans le péril extrême,
De son salut la charger elle-même.
Longtemps, en trois races d’humains,
Chez nous l’homme a maudit ou vanté sa naissance : 70
Les ministres de l’encensoir,
Et les grands, et le peuple immense.
Tous à leurs envoyés confieront leur pouvoir.
Versailles les attend. On s’empresse d’élire;
On nomme. Trois palais s’ouvrent pour recevoir 75
Les représentants de l’empire.
D’abord pontifes, grands, de cent titres ornés,
Fiers d’un régne antique et farouche,
De siècles ignorants à leurs pieds prosternés,
De richesses, d’aïeux vertueux ou prônés. 80
Douce Égalité, sur leur bouche,
A ton seul nom pétillé un rire âcre et jaloux.
Ils n’ont point vu sans effroi, sans courroux,
Ces élus plébéiens, forts des maux de nos pères,
Forts de tous nos droits éclaircis, 85
De la dignité d’homme, et des vastes lumières Qui du mensonge ont percé les barrières.
Le sénat du peuple est assis.
Il invite en son sein, où respire la France,
Les deux fiers sénats ; mais leurs cœurs 90
N’ont que des refus. Il commence :