‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 123 sur 424 · V. 5 et suiv. Imité de Bion, Idyl · texte numérisé non relu

V. 5 et suiv. Imité de Bion, Idyl

peyofta poi Kvitpi; £8’ Oirvcôovri xapéerra,

Sans armes, sans carquois, vint m’amener son fils.

Tous deux ils souriaient: «Tiens, berger, me dit-elle,

Je te laisse mon fils, sois son guide fidèle ;

Des champêtres douceurs instruis ses jeunes ans; Montre-lui la sagesse, elle habile les champs. » 10

Hile fuit. Moi, crédule à cetle voix perfide,

J'appelle près de moi l’enfant doux et timide.

Je lui dis nos plaisirs et la paix des hameaux ;

Un dieu même au l’énée abreuvant des troupeaux ; Bacchuset les moissons; quel dieu, sur le Ménale, 15 Forma de neuf roseaux une flûte inégale.

Mais lui, sans écouter mes rustiques leçons,

M’apprenait à son tour d’amoureuses chansons :

La douceur d’un baiser et l’empire des belles ;

Tout l’Olympe soumis à des beautés mortelles ; 20

Des flammes de Vénus Pluton même animé ;

Et le plaisir divin d’aimer et d’être aimé.

Que ses chants étaient doux ! je m’y laissai surprendre. Mon âme 11e pouvait se lasser de l’entendre.

Tous mes préceptes vains, bannis de mon esprit, 25 Pour jamais firent place à tout ce qu'il m’apprit.

Il connaît sa victoire, et sa bouche embaumée

vr.iuayov t6v vF.pwTa xa>â; èx yetpo; ayoïaa

g; yOôva vgvtxTaiÇovTa, tôaov 6e pot gppaag pùOov * x. T. X.

Konsatd, Od. V, xxil, a aussi imité cette ici) Ile; son ode, trop longue pour être citée, est composée de quaraute-huit vers de sept syllabes; l'allure en est vise, et elle ne manque pas d’une certaine grâce.

V. 14. Apollon, qui garda les troupeaux chez Admète; voy. Euripide, Alceste Y. 15. Ce fut sur les bords du I^adon , fleuve d’Arcadie, près du Méualc, qu'eut lieu la métamorphose de Syrinx eu flûte (Ovide, Met. 1] ; la construction de la syrinx ou Utile de Pan est longuement expliquée dans Achilles Ta tins , de Clit. et l*uc. Mil, VI.

V. 21. Allusion à l'enlèvement de P rose rpi ne par Pluton ; voy. Apollodore, I, V; Claudien, Rapt de Proserpine.

IDYLLES flfl

Verse un miel amoureux sur ma bouche pâmée.

Il coula dans mon cœur; et, de cet heureux jour,

Et ma bouche et mon cœur n’ont respiré qu’amour. 30

Page 1