‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 125 sur 424 · V. 21-20. Anvté, Anal. 1, p · texte numérisé non relu

V. 21-20. Anvté, Anal. 1, p

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Quelques-uns attribuent cette épigramme soit à Léonidas, soit à Erynné; voy. Anth. Grolii, 11, p. 220, et V, p. 57. Il existe sur le même sujet une épigramme d’Argrntarius, Anal. II, p. 273, mais qui, plus sèche de style et de pensée, ne semble être qu’un exercice littéraire d’un imitateur d’Anyté.

V. 22. M. Chopin, t.pigr. trad. de l’ Anth. grecque, p. 58, reproche justement à Chénier d’avoir donné à la cigale l’épithète de verte. La cigale, en effet, a le corps brun, et André en avait vu en Italie et en Grèce. Mais sans doute André donne au mot vert une signification plus étendue qu’on ne lui eu donne ordinairement en français. — Hésiode, Seut. 393, donne à la cigale l’épithète de xvavÔTrrepoç., et peut-être André ne donne-t-il à la cigale l’épithète de verte qu’à cause de la transparence verte ou attirée des ailes.

V. 23. André affectionnait le nom de Myrto ; voy. la Jeune Tarentine. Est-ce par un sentiment très-délicat d’harmonie qu’André change le nom de Myro, qui est dans le grec, eu celui de Myrto? car il est dans le génie de la langue grecque de relever en quelque sorte un son qui tombe brusquement, au moyen d’une dentale.

«« Honneurs , » avec le «mis latin, dons, offrandes, parures.

IDYLLES

LKS COLOMBES

Deux belles s’étaient baisées... Le pocte-berger, témoin jaloux de leurs caresses, chante ainsi :

« Que les deux beaux oiseaux, les colombes fidèles,

Se baisent. Pour s’aimer les dieux les firent belles.

Sous leur tète mobile, un cou blanc, délicat,

Se plie, et de la neige effacerait l’éclat.

Leur voix est pure et tendre, et leur âme innocente, 5 Leurs yeux doux et sereins, leur bouche caressante.

L’une a dit à sa sœur : « Ma sœur

Ma sœur, en un tel lieu croissent l'orge et le millet

L'autour et l’oiseleur, ennemis de nos jours,

De ce réduit, peut-être, ignorent les détours,

Viens 10

IX. — Cette allégorie est fréquente chez les poêles; elle inspirera encore André plus tard dans les sombres murs de Saint-Lazare; voy. Dent, poésies.

Segrais, É-'l. IV, se souvenant de Properce, a tracé un |>etit tableau qu'il est intéressant de rapprocher de l'id)lle de Chénier:

Atnlntr, arrête un peu ; vol sur ci* vieuv cormier Le baiser amoureux du sauvage ramier,

Les caresses qu’il fait a sa compagne aimée ,

Qui d’un même désir se fait voir animée.

Peut-on . considérant leur innocent souci ,

Ne pas dire m soi-même ; Heureux qui vit ainsi :

Sur ce vrrd alitirr vol ers deux tourterelles Se chercher, s'approcher, et trémousser des ailes;

SI l'une des deux fuit , soudain l'autre suivra ,

F.t tant qu’elles vivront ce plaisir durera.

Serait-ce à Segrais que Gessner, Danton et Phi iis, aurait emprunté ce passage: « Vois-tu, Philis, vois-ltl là-bas sur cet arbre ces deux colombes? Regarde, regarde comme elles entrelacent admirablement leurs ailes! Kcoute comme elles gémissent tendrement..., etc. »

loi poésies antiques

Je te choisirai moi-même les graines que tu aimes, et mon bec s’entrelacera dans le tien. »

L’autre a dit à sa sœur : « Ma sœur, une fontaine Coule dans ce bosquet »

L’oie ni le canard n’en ont jamais souillé les eaux, ni leurs cris. Viens, nous y trouverons une boisson pure, et nous y baignerons notre tête et nos ailes, et mon bec ira polir ton plumage. • — Elles vont, elles se promènent en roucoulant au bord de l’eau ; elles boivent, se baignent, mangent, puis, sur un rameau, leurs !>ees s’entrelacent ; elles se polissent leur plumage l'une à l’autre.

Le voyageur, passant en ces fraîches campagnes,

Dit : «Oh! les beaux oiseaux! oh! les belles compagnes! »

Il s’arrêta longtemps à contempler leurs jeux ; 15

Puis, reprenant sa route et les suivant des yeux,

Dit : « Baisez, baisez-vous, colombes innocentes,

Vos cœurs sont doux et purs et vos voix caressantes ; Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,

Se plie, et de la neige effacerait l’éclat. » 20

V. 13. Ce voyageur n’est pas, il nous semble, le berger du coimneneemeiit. I a; berger, c’est le poète qui voit deux jeunes belles se baiser, et qui se compare, lui aussi, au voyageur qui, dans la campagne, s’arrête charmé des jeux innocents de deux colombes. Voy. Sainte-Beuve, Portr. litt.

V. 17. Relise/ un sonnet de Ronsard, Am. Il, lxii, qui sc termine ainsi :

O gentils oiselets, que vou» estes heureux j etc.

Et celle pensée de Ronsard se retrouve dans Racan, I , ni , presque avec la même forme :

Prtits oivaut de» bois , que vous este* heureux De plaindre librement »os tourment* amoureux 1

V. 19-20. Alfred de Musset s’est souvenu de ce passage dans des vers bien connus.

ÉPIGRAMMES

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