I. — Cette pièce est imitée d’Ovide, Met, IV, 11 et sqq
Barchumquc vocant. Bromiumquc, Lyzumqur,
Ignigenauique . utuinquc itcrum , solumque bimatn m.
Additur hU Nyteus, indetonsusqur Thyuneu* ,
Et cum Leiuro gcniali* comitor ut*,
Nyctrliutquc, Elelrusque parrns, et Ucchu*. et Evan;
Et qii* prztrrea per Gralas pluriroa Rentes
Nomina , Liber, habea
Tu bijugum pictis inaiguia freins
Colla premis lyncuin : Barch* Sa lyrique sequuntur;
Quiquc senex fcrula titubantes ebrius art us Sustlnet , sut pando non fortitrr hzret asello.
Quaeumqur ingrederis. clamor JuTcnilis t et una Femme* voce*. impulvique tympana palmls,
Conravaque a ra sonant , longoque foraminc boius.
En lisant les vers d’André, il ne faut pas oublier qu'il se souvenait aussi d’un pas* sage de V Art d'aimer d’Ovide, de Catulle, l.XIY, 256, et du Silène de Virgile.
V. 1. » Thyonée , » fils de Thyone, surnom de Sémélé; voy. Schol, Apollonius, Arg. I, 636.
V. 2. u Dionyse , » dieu de Nysa; c’est l’explication qu’avait adoptée Chénier, comme on le voit dans le fragment qui suit cette pièce. ISonnus et les mythographes sont en désaccord sur la signification et letyraologie de ce nom. — « Évan , » Évohé , Évoë, c’est le cri que poussaient les bacchantes dans leurs chants en l'honneur du dieu. Sur les significations et étymologies de ce nom , consultez Schol. Aristophane.
Viens, tel que tu parus aux déserts de [Saxos,
Quand ta voix rassurait la fille de Minos.
Le superbe éléphant, en proie à ta victoire, s
Avait de ses débris formé ton char d’ivoire.
De pampres, de raisins mollement enchaîné,
Le tigre aux larges flancs de taches sillonné,
Et le lynx étoilé, la panthère sauvage,
Promenaient avec toi ta cour sur ce rivage. 10
L’or reluisait partout aux axes de tes chars.
Les Ménades couraient en longs cheveux épars Et chantaient Evoë, Bacchus et Thyonée,
Et Dionyse, Évan, lacchus et Lénée,
Et tout ce que pour toi la Grèce eut de beaux noms. 15 Et la voix des rochers répétait leurs chansons ;
Et le rauque tambour, les sonores cymbales,
Clém. d’Alex., A dm. ad pentes, p. 7, I), le fait dériver de tijia, nom hébraïque du serpent femelle, et l'on sait que les Bacchantes se couronnaient de serpents. Sur une autre origioe d’Evoë (euge, courage), voy. Acron, Comm. in Horat., Od. I, xvm. Quoi qu'il en soit, c’est un des plus vieux débris des chants dithyrambiques en l’hon neur de Bacchus ; voy. Plutarque, sur te mot Kl de. Delphes. C’est sous ce nom qu’on invoquait Bacchus dans les festins (Athénée, VIII, XVI, p. 363, B). — « lacchus , m le iiom de l'antique Bacchus; voy. Nonuus, Dionys. XXXI, 63. Cf. Hérodote, VIII, LXV. — « Ixnée, m surnom de Bacchus, qui vient de Xr,voc, pressoir. Nonnus, Dionjs. XIV, 99, fait de Lénée un des lils de Silène. C’est de ce nom que les petites Dionysiaques s’appelèrent Lénéennes. — Au surplus , il y a sur les surnoms de Bacchus tout un système d’étymologie qui rattache le culte de Bacchus à la mythologie symbolique des Egyptiens.
V. 4. Ariane, abandonnée du parjure Thésée, errait éplorée sur le rivage de N a vos ; Bacchus triomphant lui apparaît, et l’amour du dieu la console de la fuite du héros. Voy. Ovide, Art d'aimer , I; Catulle, LXIV, 254.