VII. — V. 4. Virgile, Gcorg. IV
Tïnnilu* cie et Matria quatr cyxnbala circum.
Ipsæ considcot mediratis sedibu»; if«.T Intima more suo «or in cunabula contient.
Ges vers de Virgile ont fourni une belle comparaison à Lurain, Phars. IX, 284, et à Claudien, Six. Cons. d' Honorius, 259.
V. 10. C’est ainsi que Virgile, Gèorg. IV, 557, nous montre les abeilles :
Arbore timinu
Confluer?, et lentis u*am demi Itéré ram U.
Détail sur lequel il revient dans l 'Enéide, VII, 60 :
El , pedibu* per mulua ncii» .
Examen subhum ramo frondcnle pepciidit.
Ce qui nous ramène jusqu'à Homère, Iliade , 11, 80 :
’KtîsaacvovTo 5e Xaot.
’H'jtt eOvsx état fAeXieraâtov iotvâtuv ,
r.i Tfïi; ex vXapvptj; àet vêov ipgO|i£vsci)v ,
jiOTpVOÔV ICCTOVTflU èît’ ÔvOeoiV EÎSptVOtOlV.
ÉTUDES ET FRAGMENTS 125
Debout sur ses genoux, mon innocente main Parcourait ses cheveux, son visage, son sein,
Et sa main quelquefois, aimable et caressante, s
Feignait de châtier mon enfance imprudente.
C’est devant ses amants, auprès d’elle confus,
Que la fière beauté me caressait le plus.
Que de fois (mais, hélas ! que sent-on à cet âge ?)
Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage! 10
Et les bergers disaient, me voyant triomphant :
« O que de biens perdus ! O trop heureux enfant ! »
Toujours ce souvenir m’attendrit et me touche,
Quand lui-même, appliquant la flûte sur ma bouche,
VIII. — V. 5-G. Combien, chez des natures différentes, les mêmes impressions sont douces pour les uns, amères pour les autres ! Daus ce détail poétique, il n’y a qu’une volupté très-jeune et très-chaste; mettez ce détail dans la bouche de J. -J. Rousseau, et, au souvenir des châtiments de mademoiselle Lambercier, le sang du philosophe bouillonnera d'une volupté terrible. Voy. Confess, I, I.
IX. — Tableau ravissant et complet, qui a déjà dû tenter plus d’un peintre, plus d’uu sculpteur. Quelques sujets très-peu nombreux sont ainsi sur la limite des trois arts. Ce petit morceau est peut-être du à un souvenir de Gessner, I.ycas et Milan : n Lorsque je balbutiais encore, assis sur les genoux de mon père, s'il jouait quelque air sur son chalumeau, je l’écoutais dès lors avec attention, et je bégayais l’air après lui, ou bien je lui tirais, en souriant, sa flûte de la bouche, et je formais des sons dissonants. » Longus, Daphnis et Cliloe, 11, trace avec bien moins de bonheur le tableau de Philétas apprenant à jouer de la flûte aux jeunes bergers. On pourrait rapprocher aussi de ce vers un passage délicieux de Stace, Achill . I, 57V, où le poète dépeint les jeux d’Achille et de Déidamie :
Modo duicia noue
Fila lyr», tenuesque modos, et carmins mon* t rat Ch i rom* . ducitquc tnanum , digttoaqur sonanti Infringit cithare : nunc oc en pat ors cancntis ,
Et ligat amplexu», et mille per moula laudat.
On a déjà justement remarqué la science avec laquelle, dans ces vers, André a
POÉSIES ANTIQUES Riant et m’asseyant sur lui, près de son cœur,
M’appelait son rival et déjà son vainqueur.
Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sure 5
A souffler une haleine harmonieuse et pure;
Et ses savantes mains prenaient mes jeunes doigts,
Les levaient, les baissaient, recommençaient vingt fois, Leur enseignant ainsi, quoique faibles encore,
A fermer tour à tour les trous du buis sonore. 10
.lésais, quand le midi leur fait désirer l’ombre,
Entrer à pas muets sous le roc frais et sombre,
D’où parmi le cresson et l’humide gravier La naïade se fraye un oblique sentier.
Là j’épie à loisir la nymphe blanche et nue 5
Sur un banc de gazon mollement étendue,
(.lui dort, et sur sa main, au murmure des eaux,
Laisse tomber son front couronné de roseaux.
vaincu la difficulté d’exprimer ces détails. J. -B. Rousseau, Pal. et Daph. F.glogue. a moins bien dit :
Mais toi , disciple heureux de ces maîtres vantés.
J’ai vu que de tes sons nous étions enchantés ,
Quand. *«us tes doigts légers, l’air, trouvant un passage,
Exprimait les accents dont ils traçaient l'image.
I*a pensée du dentier vers de Rousseau est obscure. C’est au contraire par la sobriété d’images et par la simplicité qu’ André a vaincu la difficulté.
X. — V. 1 et suiv. Imité de Ge&sner, à Daphné : « Souvent ma muse se cache dans l’épaisseur des bois pour écouter les dryades et les satyres aux pieds de chèvre; elle épie dans les grottes les nymphes couronnées de roseaux. »
RTE DES ET FRAGMENTS
L’impur et fier époux que la chèvre désire • Baisse le front, se dresse et cherche le satyre.
Le satyre averti de cette inimitié Affermit sur le sol la corne de son pied ;
Et leurs obliques fronts lancés tous deux ensemble Se choquent; l’air frémit, le bois s’agite et tremble.
Voilà ce que cliantait aux naïades prochaines Ma muse jeune et fraîche, amante des fontaines, Assise au fond d’un antre aux nymphes consacré, D’acanthe et d’aubépine et de lierre entouré. L’Amour, qui l’écoutait caché dans le feuillage, Sortit, la salua sirène du bocage.
Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés
XI. — Ce pelil tableau a une belle couleur poétique ; André s’esl heureusement rencontré avec Oppien, Virgile et Thomson. Voyez Oppien, Chasse f II, 334, et Thomson, Spring , au momeiit où le taureau aperçoit son rival. Virgile, Gcorg. III, 222, décrit ainsi le combat des deux taureaux :
V truque in obnitos urgent ur cornua vatto
C'tirn gemitu : rcboant silvxqur et magnas Olympus.
XII. — Imité de Gessner, a Daphné : « Souvent aussi l’Amour vient surprendre ma muse; tantôt dans des grottes vertes, tissues de branchage-* touffus, tantôt près des ruisseaux ombragés de saules, il écoule ses chants et couronne sa chevelure flottante, quand elle célèbre la tendresse et les doux plaisirs. «
V. C. « Sirène , « chanteuse enchanteresse. Ce mot, comme quelquefois Siren en latin , est pris au figuré, mais non pas métaphoriquement.
POÉSIES ANTIQUES D’hyacinthe et de myrte en couronne tressés :
« Gir ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,
« Autant que le cytise à la mielleuse abeille. » 10