‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 138 sur 424 · V. 5 et suit. Virgile, Gcorg · texte numérisé non relu

V. 5 et suit. Virgile, Gcorg

Primus Krichthonlu* eu r ru s et qnattuor ausus Jungcre cquo*. rapitlusqtie rôtis insister? Victor.

Frena Pclcthronii Lnpitli;r gyr*»que dederc ImpoMti dorso, atquc rquitctn docticrc sub artnis Insulta re solo, et gretsut ftomerarr «uperbo*.

Cf. Lucrèce, V, 1296; Val. Flaccus, Arg. VII, 605.

V. 14. L'harmonie de ces vers est remarquable ; ils sont légers, bondissants comme les coursiers eux-mémes. — « Mesurer, » soumettre à une mesure, à un rhythme.

IV. — Les |»oetcs n'ont jamais traité les satyres avec beaucoup de respect ; plus loin, nous en verrons un rival d’un bouc; ici le tableau est plus relevé : le rival du satyre est Hyagnis. Un jour, dit la Fable, le rival fut un dieu ; cette fois le satvre paya sou orgueil de sa vie, mais il devait avoir au delà de la tombe la consolation de voir son épitaphe composée par Alcce (Anal. I, p. 488).

V. 1. Le premier hémistiche est précieux, et permet en quelque sorte de rétablir

ETUDES ET FRAGMENTS

Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux Le cortège énervé de la mère des dieux.

Il appelle aussitôt, des fanges du Méandre, 5 l

les nymphes de l’Asie, et leur dit de l’entendre ;

Que tout l’art d’Hyagnis n’était que dans ce bui;

Qu’il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui.

On s’assied. Le voilà qui se travaille et sue,

Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touffue, to

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu’à la fin

l'ensemble de l'idylle. On peut se figurer deux bergers se disputant entre eux le prix du chant, ou mieux, chacun des deux bergers fondant sur son talent poétique l'espérance qu’il a de gagner le cu-ur de son amante. I,a jalousie s’allume ; ils s’excitent réciproquement ; l’un d’eux, pour prouver sou talent , rappelle à son rival l’amitié que Mopsus a conçue pour lui, amitié d’artistes, née d’une mutuelle admiration (Mopsus, en effet, nous est connu comme chanteur et poète célèbre dans Virgile, Egl. V) ; mais le rival aussitôt lui répond qu'il s’est laissé prendre aux éloges railleurs de Mopsus, et il lui cite l’histoire de ce satyre qui, lui aussi, s'imaginait avoir le talent d’Hyagnis. Au surplus, n’esl-ce pas la même pensée que dans le passage de Virgile, Egl. III, 25, où Damète se vante d’avoir vaincu Damon, et où Ménalque lui répond :

Cmtando tu ilium ? aut unqu.itn tibi Qstula erra Juncta fuit? Non tu In tririla, indocte, •olrb.i*

Strident! miserum stipula disperdere carracn ?

et dans le passage de Calpnmius, Egl. VI, 22, où Astylas répond à Ly ridas qui se vante de sa victoire : *

Vinccre tu qucmquam ! Vel te errtamine quiaquau Dignctur, qui %ls stlllantrs, aride, voce*

Humpi*. et expclli* male xingulUutia verba ?

« Uérécynthe , » ville de Pbrygie, où se célébraient les mystères de Cybèle, la mère des dieux (StfaboD, X, lit, 12). Ronsard, Franc., appelle Cybèle la Berccynthiennc.

V. 3. « Hyagnis, >» selon Apulée, Flor. 111, fut le pere et le mailre de Marsyas, le joueur de Hôte. Voy. Pseudoplut. X, Mars y as, de Fiuviis .

V. 4. Voy. Catulle, de llerecynthia et Aty . — « Énervé. » 11 est prul>able que le poele a pris énervé, non pas au figuré , mais au sens réel et physique.

V. (î. Dans le combat d'Apollon et de Marsvas (Apulée, Flor. III) : « Musa* cum Minerva dissimulameuti gratia judiccs adstitere, ad deridendam scilicet monslri illius harharicm, nec minus ad stoliditatem puuiendam. » De meme, dans le combat des Muses et des Piérides (Ovide, Met. V, 317), les Nymphes sont juges cl s’assoient sur des sièges taillés dans le roc.

V. 8. Hyagnis fut, dit-on, le premier qui imagina de lever et de baisser les doigts sur la flûte. Voy. Apulée, Flor. III.

Le bois résonne et pousse un cri rauque et chagrin. L’auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le satyre

Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois , 15

Evite comme il peut les dents et les abois.

NEÈIIK ET CHROMIS

Accours, jeune Chromis, je t'aime, et je suis belle, Blanche comme Diane et légère comme elle ,

Comme elle grande et fière ; et les bergers, le soir, Lorsque, les yeux baissés, je passe sans les voir,

Doutent si je ne suis qu’une simple mortelle, 5

Et, me suivant des yeux, disent : « Comme elle est belle!

V. 12. Dans Calpumius, F.gl. X, fi, d«*s enfants «pii ont trouvé la flûte de Pan nous oflrent un petit tableau semblable à celui «pie nous trace André :

liane pneri flanquai» przdain pro carminé postent Sumere, fasque rwt ca la nios I racla rc droriun)

Invadunt furto : sed nec rraonare c.inorri»

Kisiula, quem suerai, nec vult contexcre rarinrn ;

Sed pro carnûnibu* male divxona sibila rcddil.

V. 15. « Des chiens même.» Ici, selon le» grammairien» , même dç\ rail prendre la marque du pluriel ; mais le mot même , pour André comme pour nos vieux écrixains, est presque toujours adverbe et Y s finale n’est alors qu’une lettre facultative. Voyez (iénin , l'nriations du langage français , p. 101 et suiv. Très-souvent dan» r.liéuier on trouve eus-même, nous- même et vous-même. Les poètes de l’époque il’ André offrent de fréquents exemples de cette licence. Le Brun, Ode au jeune Racine : Ah ! dan* ces gouffres meme . el sous »©* main» a* idc*.

V. 13. L«‘s Muses (Apulée, Flor. III) traitent avec autant d’irrévérence le pauvre Marsyas: « Riscre Musa1 quttm audirent hoc genus crimina, snpienti exoptauda. Apolliui objeelatn. »

ETUDES ET FRAGMENTS

Néère, ne va point te confier aux flots De; peur d’être déesse, et que les matelots N’invoquent, au milieu de la tourmente amère,

I<a blanche (ïalalée et la blanche Néère. » to

KUPHROSYNE

Ab ! ce n’est point à moi qu'on s’occupe de plaire.

Ma sœur plus tôt que moi dut le jour à ma mère.

Si quelques beaux bergers apportent une fleur,

Je sais qu’en me l’offrant ils regardent ma sœur;

S’ils vantent les attraits dont brille mon visage, 5

Ils disent à ma sœur : « C’est ta vivante image. »

Ah ! pourquoi n’ai-je encor vu que douze moissons ?

Nul amant ne me flatte en ses douces chansons;

Nul ne dit qu’il mourra si je suis infidèle.

Mais j’attends. I.’âge vient. Je sais que je suis belle. to Je sais qu’on ne voit point d’attraits plus désirés Qu’un visage arrondi, de longs cheveux dorés,

Dans une bouche étroite un double rang d’ivoire,

Et sur de beaux yeux bleus une paupière noire.

V. — V. 7. Ce* passage rappelle* les vers déjà cités de Properce :

Quod «i forte Ium vldiuet Glaucu* orrlln#

K vus lotlii facta purlta maris.

V. 10. m Ga/atee, » fille de Doris et de Nérée, «limée de Pohplième. (Lucien, Dial. rnar. 1 ; 0\ide, Met. XIII, 738.)

A compter nos brebis je remplace ma mère ;

Dans nos riches enclos j’accompagne mon père ;

J’y travaille avec lui. C’est moi de qui la main,

Au retour de l'été, fait résonner l’airain

Pour arrêter bientôt d’une ruche troublée, 5

Avec ses jeunes rois, la jeunesse envolée.

Une ruche nouvelle à ces peuples nouveaux Est ouverte; et l’essaim, conduit dans les rameaux Qu’un olivier voisin présente à son passage,

Pend en grappe bruyante à son amer feuillage. 10

J’étais un faible enfant qu’elle était grande et belle;

Elle me souriait et m’appelait près d’elle.

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