LIVRE 1 — MÉDITATIONS — VOYAGES
Le cœur qui n’aime rien a beau les implorer,
Leur troupe qui s’enfuit ne veut pas l’inspirer.
Qu’un amant les invoque, et sa voix les attire ; a
C’est ainsi que toujours elles montent ma lyre.
Si je chante les dieux ou les héros, soudain Ma langue balbutie et se travaille en vain ;
Si je chante l’Amour, ma chanson d’elle-même S’écoule de ma bouche et vole à ce que j’aime. 20
Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours Sur le sein d’une belle en arrêter le cours !
Qu’au milieu des langueurs, au milieu des délices, Achevant de Vénus les plus doux sacrifices,
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V. 20. L'imitation que Ronsard a faite de l'idylle de Bion se termine ainsi :
Mai» quand Je veux d'amour ou cscrirc ou parler,
Ma langue *c dénoue , cl lors Je sens couler Ma chanson dVIlc-méror aisément en la bouche.
Avec les mêmes expressions, André atteint à une pureté de style inconnue à Ronsard. Vil. — Imité d'Ovide, Am. Il, x, 29 :
Félix , quetn VenerU certain! ii a mutua rumpunt t Di faciant , leti causa sit Ista mci !.».«.
Al mihl rontingat Vrneris languesrrre motu,
Quum moriar. medium solvar et Inter opus :
Atque aliqui* nostro larriman* in funcre dicat :
Convcnicn* vil* mors fuit ista su*.
Ronsard, Am. I, XLYI :
Je vrux mourir é* amoureux combats, laissant l’amour qu’au ccrur Je porte cnrlose .
Toute une nuit au milieu de tes bras.
Ronsard, Am. I, LXXIX, imite plus directement Ovide; mais, dans la pensée et dans l'expression, il reste beaucoup trop au-dessous de son modèle.
ÉLÉGIES
Mon ânu>, sans efforts, sans douleurs, sans combats, 5 Se dégage et s’envole, et ne le sente pas !
Qu’attiré sur ma tombe, où la pierre luisante Offrira de ma fin l'image séduisante,
Le voyageur ému dise avec un soupir :
« Ainsi puissé-je vivre et puissé-je mourir! » to