‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 170 sur 424 · LIVRE 1 — MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE 1 — MÉDITATIONS — VOYAGES

Le cœur qui n’aime rien a beau les implorer,

Leur troupe qui s’enfuit ne veut pas l’inspirer.

Qu’un amant les invoque, et sa voix les attire ; a

C’est ainsi que toujours elles montent ma lyre.

Si je chante les dieux ou les héros, soudain Ma langue balbutie et se travaille en vain ;

Si je chante l’Amour, ma chanson d’elle-même S’écoule de ma bouche et vole à ce que j’aime. 20

Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours Sur le sein d’une belle en arrêter le cours !

Qu’au milieu des langueurs, au milieu des délices, Achevant de Vénus les plus doux sacrifices,

f,v jiàv yàp ppotèv aXXov, ^ àû avoir wv Ttvà (Jap.6aivei peu yXü><t<7<x, xal-w; xaipo; ovxct’ àet&ei* tjv K ait’ é; tov vFptora xod é; Àvxtôotv ti ju/iaoto, xai tôx’ i|*lv ^aîpotaa Sià atoptaTo; pÉct tjiW.

V. 20. L'imitation que Ronsard a faite de l'idylle de Bion se termine ainsi :

Mai» quand Je veux d'amour ou cscrirc ou parler,

Ma langue *c dénoue , cl lors Je sens couler Ma chanson dVIlc-méror aisément en la bouche.

Avec les mêmes expressions, André atteint à une pureté de style inconnue à Ronsard. Vil. — Imité d'Ovide, Am. Il, x, 29 :

Félix , quetn VenerU certain! ii a mutua rumpunt t Di faciant , leti causa sit Ista mci !.».«.

Al mihl rontingat Vrneris languesrrre motu,

Quum moriar. medium solvar et Inter opus :

Atque aliqui* nostro larriman* in funcre dicat :

Convcnicn* vil* mors fuit ista su*.

Ronsard, Am. I, XLYI :

Je vrux mourir é* amoureux combats, laissant l’amour qu’au ccrur Je porte cnrlose .

Toute une nuit au milieu de tes bras.

Ronsard, Am. I, LXXIX, imite plus directement Ovide; mais, dans la pensée et dans l'expression, il reste beaucoup trop au-dessous de son modèle.

ÉLÉGIES

Mon ânu>, sans efforts, sans douleurs, sans combats, 5 Se dégage et s’envole, et ne le sente pas !

Qu’attiré sur ma tombe, où la pierre luisante Offrira de ma fin l'image séduisante,

Le voyageur ému dise avec un soupir :

« Ainsi puissé-je vivre et puissé-je mourir! » to

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