V. 41. Malherbe, Larmes île Saint-Pierre, p. 11, a dit
N’ayant qu'un Jour à vivre, il ne peut l'achever, vers divin, dit André. Plus loin, même pièce, p. 15, Malherbe dit encore :
Le soir fut avancé de leurs belle* Journée*.
[Le même vers que j’ai nolé p. 11 [remarque André). Peul-être à celle source nous devons le vers divin de La Fontaine :
Rien ne trouble sa fln ; c’est le soir d'un beau jour.
Pélrarque a dit dans un vers délicieux, par la bouche de Laure :
E rompi tnid giornata inaïui sera.
Kl moi, dans une de mes élégies :
Je meurs. Avant le soir J’ai fl ni ma Jounne.j Honsnrd, dm. I, xix, avait dit avant Malherbe:
Avant ton «oir *c clorra ta Journée.
J .-B. Housscan, Ode IX, reudant la pensée d’Isaïe vwin, 10), a dit ;
Au midi de me* année*
Je louchais à mon couchant.
LIVHE I — MÉDITATIONS — VOYAGES 167 Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs.
Mais, oh ! que mollement reposera ma cendre, Ai
Si parfois, un penchant impérieux et tendre Vous guidant vers la tombe où je suis endormi ,
Vos yeux en approchant pensent voir leur ami ;
Si vos chants de mes feux vont redisant l’histoire;
Si vos discours flatteurs, tout pleins de ma mémoire, 00 Inspirent à vos fils, qui 11e m’ont point connu,
L’ennui de naître à peine et de m’avoir perdu !
Qu’à votre belle vie ainsi ma mort obtienne Tout l’âge, tous les biens dérobés à la mienne;
Que jamais les douleurs, par de cruels combats, 55
IV allument dans vos flancs un pénible trépas;
Que la joie en vos cœurs ignore les alarmes ;
Que les peines d’autrui causent seules vos larmes;
Que vos heureux destins, les délices du ciel,
Coulent toujours trempés d’ambroisie et de miel, co
Et non sans quelque amour paisible et mutuelle.
Et quand la mort viendra, qu’une amante fidèle,
Près de vous désolée, en accusant les dieux,
Pleure, et veuille vous suivre, et vous ferme les yeux.
V. 44. • f'oilù (fue je meurs. •» Celle forme a pu paraître négligée ; elle ni au cou traire toute biblique. Psaumes, xxxvi, 36 : « Vidi impium supciexallutum , et elevatum sicut cedros Libani. Et tiausivi, et tcce non erat. »