V. VUS. til. 1833 et
Ah I ne le laissez pas, dans sa sanglante rage.
A LOUIS DAVID
La proscription et l'outrage.
Chaque jour dans l’arène ils déchirent le flanc 320
D'hommes que nous livrons à la fureur des bêtes.
Ils nous vendent leur mort. Ils emplissent de sang I>es coupes qu’il nous tiennent prêtes.
Peuple, la Liberté, d’un bras religieux,
Garde l’immuable équilibre 325
De tous les droits humains, tous émanés des cieux.
Son courage n’est point féroce et furieux;
Et l’oppresseur n’est jamais libre.
Périsse l’homme vil! périssent les flatteurs,
Des rois, du peuple infâmes corrupteurs! 330
L’amour du souverain, de la loi salutaire,
Toujours teint leurs lèvres de miel.
Peur, avarice ou haine est leur dieu sanguinaire.
Sur la vertu toujours leur langue amère
Distille l’opprobre et le fiel. 335
Hydre en vain écrasé, toujours prompt à renaître,
Séjans, Tigellins empressés