‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 19 sur 424 · V. VUS. til. 1833 et · texte numérisé non relu

V. VUS. til. 1833 et

Ah I ne le laissez pas, dans sa sanglante rage.

A LOUIS DAVID

La proscription et l'outrage.

Chaque jour dans l’arène ils déchirent le flanc 320

D'hommes que nous livrons à la fureur des bêtes.

Ils nous vendent leur mort. Ils emplissent de sang I>es coupes qu’il nous tiennent prêtes.

Peuple, la Liberté, d’un bras religieux,

Garde l’immuable équilibre 325

De tous les droits humains, tous émanés des cieux.

Son courage n’est point féroce et furieux;

Et l’oppresseur n’est jamais libre.

Périsse l’homme vil! périssent les flatteurs,

Des rois, du peuple infâmes corrupteurs! 330

L’amour du souverain, de la loi salutaire,

Toujours teint leurs lèvres de miel.

Peur, avarice ou haine est leur dieu sanguinaire.

Sur la vertu toujours leur langue amère

Distille l’opprobre et le fiel. 335

Hydre en vain écrasé, toujours prompt à renaître,

Séjans, Tigellins empressés

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