V. 5. Racan, stances
Roy dé ses passions, il a ce qu'il désire ;
Son fertile domaine est son petit empire ;
Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau.
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ÉLÉülES
Ce qu’un jour je veux être, et, seul à m'applaudir.
Je sème la moisson que je veux recueillir.
Là, je reviens toujours, et toujours les mains pleines, \masser le butin de mes courses lointaines.
Soit qu’en un livre antique à loisir engagé, 15
Dans ses doctes feuillets j’aie au loin voyagé,
Soit plutôt qtie, passant et vallons et rivières,
J’aie au loin parcouru les rives étrangères.
D’un vaste champ de fleurs je tire un peu de miel.
Tout m’enrichit et tout m’appelle ; et, chaque ciel 20 M'offrant quelque dépouille utile et précieuse,
Je remplis lentement ma ruche industrieuse.
Y. 19 et ftuiv. — Voilà cette charmante comparaison si justement célèbre. Pindarc, Pyth. X, 82 .
’Hyxornttov yàp aono; upvcov in’ aXXov aXXov, &<j7t pi- Xtaffot, 0ÛVCI Xôyov.
O dont Horace. Od. IV, », célébrant Pindare, s’est souvenu :
Fgo, apis Matins-
More modoquc
(•rata carpentis tlmua per laborrw Plurimum, circa nrmus uvidlqur Tiburi* ripas, opcrou par vus Carmiaa fingo.
Lucrèce, III, 1 1 , butine dans les œuvres d’ Épie tire, « Floriferis ut apes in saltilnu omnia limant. » Platon, Ion, V, a développé cette comparaison, ce qui nous a valu les vers délicieux de l«a Fontaine, Epit. à Mmt de la Sablière :
Je m’avoue, Ü est vrai . s'il faut parler ainsi.
Papillon du Parnasse, et semblable aux abeilles A qui le bon Platon compare nos merveilles :
Je suis chose légère, et vole a tout sujet ;
Je val* de fleur en fleur et d'objet en objet.
Cf. Sénèque, Ép. à Lucilius , LXXXIY ; Montaigne, 1, mv ; La Fontaine, Fab. X, i ; Rousseau, Ode au comte du Luc. Boileau. Dhc. au roi , nous a gâté un peu le charme de cette comparaison :
Comme on voit au printemps la diligente abeille Qui du butin des fleurs va composer son miel.
Des sottises du temps je compose mon fiel.
Voyez encore l’emploi pathétique et très-remarquable qu'Ktiripide a fait de eette comparaison dans YHerc. fur. 487.