‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 203 sur 424 · V. 6. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 6. Éd. 1826 et

Hélas f bientôt le char des rapides année».

LIVRE ! — MÉDITATIONS — VOYAGES 1R3 Champêtre possesseur, dans mon humble chaumière Offrir à mes amis une ombre hospitalière ; 10

Voir mes lares charmés, pour les bien recevoir,

A de joyeux banquets la nuit les faire asseoir ;

Et là nous souvenir, au milieu de nos fêtes,

Combien chez eux longtemps, dans leurs belles retraites, Soit sur ces bords heureux, opulents avec choix, is

Où Montigny s’enfonce en ses antiques bois,

Soit où la Marne lente, en un long cercle d’iles,

Ombrage de bosquets l’herbe et les prés fertiles,

J’ai su, pauvre et content, savourer à longs traits

Les muses, les plaisirs, et l’étude et la paix. 20

Qui 11e sait être pauvre est né pour l’esclavage.

Qu’il serve donc les grands, les flatte, les ménage ;

Qu’il plie, en approchant de ces superbes fronts,

Sa tête à la prière, et son àme aux affronts,

Pour qu’il puisse, enrichi de ces affronts utiles, 25

Enrichir à son tour quelques têtes serviles.

De ses honteux trésors je ne suis point jaloux, line pauvreté libre est un trésor si doux!

11 est si doux, si beau, de s’être fait soi-même,

De devoir tout à soi, tout aux beaux-arts qu’on aime ; 30 Vraie abeille en ses dons, en ses soins, en ses mœurs,

Page 1