LIVRE II — CAMILLE
Qui, tant que de Paris m’éloignent les beaux jours,
Aimes à répéter mes vers et mes amours.
Les cieux sont enflammés. Vole, dis à Camille 5
Que je l’attends; qu’iei, moi, dans ce bel asile,
.le l’attends; qu’un berceau de platanes épais,
I,e même, en cette grotte, où l’autre jour au frais,
Pour nous, s’il lui souvient, l’heure 11e fut point lente... Va. Sous la grotte, ici, parmi l’herbe odorante , 10
I)’où l’œil même du jour ne saurait approcher,
Et qu’égaye, en courant, l’eau, fille du rocher...
Chez toi, dans cet asile où le soir me ramène, Seul, je mourais d’attendre, et tu ne venais pas.
V. 10. « Vaeil du jour . »• Expression fréquente chez les poètes. Euripide, Iph. in Tour. 194 * h ‘Iepèv ôpp’ a ùyâ;. »* Au vers 110 on trouve déjà : « N’jxTÔcoppa. » Ovide, Mit, IV, 228, nomme le soleil oculus mundi. Burmann remarque que Manilius, j4str. I, 133, appelle les étoiles mundi ocufos. Dans Théophile on rencontre très-souvent cette expression ; par exemple , éd. 1627, p. 162 :
Il me semble que Viril du jour Ne me luit plus qu'avrrque peine