‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 271 sur 424 · I.c gardien de tes murs, ce vieillard qui m’admire · texte numérisé non relu

I.c gardien de tes murs, ce vieillard qui m’admire

M’a vu passer le seuil et s’est mis à sourire, lion ! j’ai su (les amants sont guidés par les dieux)

Monter sans nul obstacle et j’ai fui tous les yeux. 40

V. 21. « La plume indolente. « \\ec quel art André relève un détail un peu érutique par une épilbète toute poétique! Jamais, comme Uerlin, Am. J, IV, il n'aurait peiut la Pudeur entre deux drapi. Quoi qu’en dise l’éditeur de llertin, ce que La Fontaine ose dans ses Contes, et Voltaire dans le poeme de la Pucelle , n’est pas du domaine de l’élégie. L’élégie seul une diction choisie. Le style est comme un chaste soile que le poete élégiaque doit toujours avoir spin de jeter sur les tableaux amoureux qu’il retrace.

254 ÉLÉGIES

Ali! que vois-je?... Pourquoi ma porte accoutumée,

Cette porte secréte, est-elle donc fermée?

Camille, ouvrez, ouvrez, c’est moi. L’on ne vient pas. Ciel! elle n’est point seule! On murmure tout bas.

Ah! c’est la voix de Lise. Elles parlent ensemble. 45 On se hâte ; l’on court ; on vient enfin ; je tremble. Qu’est-ce donc ? A m’ouvrir pourquoi tous ces délais ? Pourquoi ces yeux mourants et ces cheveux défaits? Pourquoi cette terreur dont vous semblez frappée ?

D’où vient qu’en me voyant Lise s’est échappée? 50

J’ai cru, prêtant l'oreille, ouïr entre vous «leux Des murmures secrets, des pas tumultueux.

Pourquoi cette rougeur, cette pâleur subite?

Perfide! un autre amant?... Ciel! elle a pris la fuite.

Ah ! dieux ! je suis trahi . Mais je prétends savoir. . . 55

Lise, Lise, ouvrez-moi, parlez! mais fol espoir!

La digne confidente auprès de sa maîtresse Lui travaille à loisir quelque subtile adresse,

Quelque discours profond et «le raisons pourvu,

Par qui ce que j’ai vu, je ne l’aurai point vu. 6«

Dieux! comme elle approchait (sexe ingrat, faux, perfide! ), S’asseyant, effrontée à la fois et timide,

Voulant hâter l’effort de ses pas languissants,

Voulant m’ouvrir des bras fatigués, impuissants,

Abattue, et sa voix altérée, incertaine, fis

Ses yeux anéantis ne s’ouvrant plus qu’à peine,

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