‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 270 sur 424 · LIVRE il — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE il — CAMILLE

Douce dans son éclat, Pt fraîche et reposée,

Semblable aux autres fleurs, filles de la rosée!

Oh! quand j’arriverai, si, livrée au repos,

Ses yeux n’ont point encor secoué les pavots, 20

Oh ! je me glisserai vers la plume indolente,

Doucement, pas à pas, et ma main caressante Et mes fongueux transports feront à son sommeil Succéder un subit, mais un charmant réveil;

Elle reconnaîtra le mortel qui l’adore, 25

Et mes baisers longtemps empêcheront encore Sur ses yeux, sur sa bouche, empressés de courir,

Sa bouche de se plaindre et scs yeux de s’ouvrir.

Mais j’entrevois enfin sa porte souhaitée.

Que de bruit! que de chars! quelle foule agitée! 30

Tous vont revoir leurs biens, leurs chimères, leur or .

Et moi, tout mon bonheur, Camille, mon trésor.

Hier, quand malgré moi je quittai sou asile,

Elle m’a dit : r Pourquoi t’éloigner de Camille?

Tu sais bien que je meurs si tu n’es près de moi. » 35

Ma Camille, je viens, j’accours, je suis chez toi.

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