‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 287 sur 424 · AUX DEUX FRÈRES TRUDÀINE · texte numérisé non relu

AUX DEUX FRÈRES TRUDÀINE

Amis, couple chéri, cœurs formés pour le mien,

Je suis libre : Camille à mes yeux n’est plus rien ;

L’éclat de ses yeux noirs n'éblouit plus ma vue.

Mais cette liberté sera bientôt perdue ;

Je me connais. Toujours je suis libre et je sers ; &

htre libre pour moi n’est que changer de fers.

Autant que l’univers a de beautés brillantes,

Autant il a d’objets de mes flammes errantes.

Mes amis, sais-je voir d’un œil indifférent

Ou l’or des blonds cheveux sur l’albâtre courant, to

Ou d’un flanc délicat l’élégante noblesse,

Ou d’un luxe poli la savante richesse ?

Sais-je persuader à mes rêves flatteurs

Que les yeux les plus doux peuvent être menteurs?

XXII. — V. 8. André se peint comme le Thésée de Kacine, Phèdre, 11, v :

Volage adorateur de mille objet* divers.

Cf. Anacréon, XXXII, XXXIII ; Posidippc, Anal. Il, p. 47, VIII. Ovide, Am. Il, iv : Cent uni «unt causa: cur ego sempcr ametn.

Régnier, Sat. VII :

F.t comme à bien aimer mille cannes m'invitent.

Aussi mille beautés mes amours ne limitent;

Et courant çà et là. Je (route tous le* Jour*

F.n de* suject* nouveau* de nouvelle* amour*.

El La Fontaine, Elég. V :

Que faire ? mon destin est tel qu’il faut que J’aime.

Ou m’a pourvu d’un cœur peu contrat de lul*nicme.

Inquiet et fécond en nouvelle* amour* :

Il aime à * engager, mais non pa* pour toujour*.

. V. 10. Properce, II, nu :

Intrrea nostri qu.rrunt slbi vulnus ocelli,

Candida non leclo perfore *i qua sedef.

Slve vagi crines puris in frontibu* errant, lndica quos inedio tcrtice gemma tenet.

Page 1