PROLOGUE
Je veux qu’on imite les anciens;
Comme aux bords d’Eurotas
Lorsqu’une épouse est prés du terme de Lucine,
On suspend devant elle, en un riche tableau ,
Prol. — Ce* quelque* vers nous font tout de suite pénétrer les secret* de l’art savant d'André : il veut que le poète se nourrisse de la lecture des anciens, afin que de son esprit, rempli de ces formes nouvelles , sorte un fruit noble et beau comme ces
beaux modèles , de même que la Laconienne nourrit ses yeux, etc., etc C'est,
condensée en dix vers, la belle pensée qui anime sou poème de l’Invention . Le tableau qu’il transforme en comparaison est imité d’un passage d’Oppien {Chasse , I, 358), dans lequel ce poète compare l’usage qu’on a d’étendre des étoffes de pourpre
(æ que l’art de Zeuxis anima de plus beau ,
Apollon et Bacchus, Hyacinthe, Nirée, 5
Avec les deux Gémeaux leur sœur tant désirée.
L’épouse les contemple ; elle nourrit ses yeux De ces objets, honneur de la terre et des cieux ;
Et de son flanc, rempli de ces formes nouvelles,
Sort un fruit noble et beau comme ces beaux modèles. 10
devant les yeux des colombes, pour que leurs petits soient revêtus de cette brillante couleur, à la délicate attention des époux lacédémoniens :
Nul pri|v ûsit A ixwve; éxippova pTjTioxvTO «toi çiXaiî àXoxotc, 8tc yarstipa xupaivouoi • ypg'frsvTe; xivâxceot itéXs; ftéeav AyXaà xdXXq, voue ttâpo; à'TTpà'^xvta; iv np-cpt'oiaiv l^r\6o u;,
Nipca xxl Ndpxujaov iü(i|«Xir,v 6' ‘réxivüov,
Kàaropi t’ eùxopu6ov xai ’Apvxoçôvov IIuXu3tùxr,v, r,îOéou; tc vcou;, to(t’ év (laxaptooiv àyr|Tol,
4>oTSov 3açvoxàpY)v xal xiffooçôpov Aiûvvmxov ■ at 8' ÈitiTépxovTai xoXyr.pctTOv etSoç l3ouaat,
TixTOVfffv tc xoXoù; èxl xdXXcl TrsuTT.uîai.
v. 5. « Hyacinthe , » aimé par Apollon, qui le tua parraégarde. Voy. Ovide, Mit. X, 182. « Mirée , » 8; xoXXioto; 4vV)p 0x6 "IXiov f.XOt, comme le dit Homère {Iliade. Il, 673). bes édit, précéd. donnent Mirée, ce qui est une faute peu excusable. En grec ou a pu quelquefois confondre Nipcù; et NnpeOs, à cause de la similitude de la prononciation.