AVERTISSEMENT
d’une édition critique d’André Chénier; nous le remercions du don qu’il nous a fait du seul manuscrit qu’il possédât, manuscrit précieux, puisqu’il contenait des vers inédits (i'). Nous serions ingrat si nous ne nommions M. Ferdinand Denis, dont l’aimable érudition nous a mis sur des traces inconnues de la vie d’André; M. P. Lacroix, qui nous a communiqué le manuscrit de la première élégie, et qui, « remplissant, nous disait-il, un devoir cher à tout homme de lettres, » a bien voulu nous faire profiter de quelques-unes de ses propres recherches; M. Feuillet de Couches, de qui nous tenons une lettre inédite d’André.
Nous ne pouvons taire non plus qu’avec une grâce charmante madame la comtesse Hocquart nous a livré les traditions d’une noble famille, où vit encore le souvenir d’André, et nous a permis de contempler l'image adorée de Fanny, cette mère craintive; que madame Lefèvre- Deumier, en qui respire le culte des arts, a ouvert à nos investigations, malheureusement infructueuses, tous les papiers de M. Jules Lefèvre-Deumier (a), poète regretté des esprits délicats.
Ceux qu’il nous reste à remercier sont nos plus intimes : M. Jouve, autrefois notre maître, aujourd’hui notre ami; M. Haÿs, avec qui jadis, un André Chénier à la main, nous trompions les longues oisivetés de la vie militaire. Tous deux nous ont puissamment aidé dans lâché-
(1) Le prétendu fragment wr l’Amérique.
(2) M. Lefèvre-Deumier, lié avec M. de Latourhe, possédait autrefois, au souvenir de M. Émile Deschanips, onze lettres d'André Chénier, niélées de prose et de vers. Ces lettres ont dù depuis longtemps être dispersées en plusieurs mains, rar nous ne les avons pas trouvées, nou plus que l'exemplaire annoté dont on avait jadis parlé à M. Sainte-Beuve.
AVKKTISSEMENT
veinent de notre œuvre; qu'ils reçoivent ici l’expression de notre profonde reconnaissance.
Quant à nous , nous ne quittons pas encore André Chénier. A l’égal du poète, l’écrivain courageux, nourri des philosophes et des historiens , a conquis l’estime de la postérité ; aussi nous proposons-nous de nous consacrer dès aujourd’hui à la publication de ses œuvres en prose.