‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 314 sur 424 · V. 39. Virgile, Ê#/. I · texte numérisé non relu

V. 39. Virgile, Ê#/. I

Tu, Tityre, Icntus in timbra

Formmam rmonarr dores Amarylllda «iltas.

ÉLÉGIES

Mais souvent tes vallons tranquilles, 55

Tes sommets verts, tes frais asiles,

Tout à coup à mes yeux s’enveloppent de deuil.

J’y vois errer l’ombre livide D’un peuple d’innocents, qu’un tribunal perfide

Précipite dans le cercueil. 60

V. GO. Une grande qualité, propre au génie gaulois, et qu'on trouve chez nos vieux poètes, se fait remarquer dans cette dernière strophe: c'est la sobriété dans l'expression d’un seutiment. Cette sobriété est précieuse et difficile dans les arts; elle est d’ailleurs , bien plus que la prolixité et l'abondance, l’indice d’un génie puis* sant et maître de soi-méme.

ÉPURES

A LE BRUN

Qu’un autre soit jaloux d’illustrer sa mémoire ;

Moi, j’ai besoin d’aimer. Qu’ai-je besoin de gloire,

I. — Cette pièce, que les éditions précédentes ont toutes rangée dans les élégies, est une épitre, où André répond aux vers que lui avait adressés Le Brun avant son départ pour le régiment. On a toujours dit que l’épître de Le Brun était une réponse à celle que Chénier adresse à Le Brun et au marquis de Brazais. C'est une erreur. L’ épitre de Le Brun a été écrite avant le départ d’André pour Strasbourg ; car, insérée dans Y Almanach des Muses, 1792, elle est accompagnée d’une note ainsi conçue : « Ce jeune officier , qui avait les plus grandes dispositions pour la poésie, allait rejoindre son régiment. » Et dans l’épître, on lit ces deux vers :

Le* arme* «ont tes Jeux : vole à no* étendard* ;

Le* Muv* le suivront tous le* tente* de Mar*.

En comparant l’épître de Le Brun avec cette pièce, on verra que celle-ci est véritablement la première réponse d’André. Le Brun lui avait dit : « Apollon te vouait à l’immortalité. » 11 lui avait parlé de Y espoir tT un nom fameux , et il avait terminé ainsi :

La gloire, et l’amitié plu* douce que la gloire.

Fixeront no* destin» an temple de Mémoire.

Or la gloire, voilà le thème de cette première épitre ; l'amitié sera celui de la seconde, adressée à Le Brun et au marquis de Brazais .

V. 1. Voici dans Horace, Od . I, vil, une forme semblable de début :

1 judabunt atll cia ram Rhodon, aut Mitylenen, etc.

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