‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 36 sur 424 · V. 69. Èd · texte numérisé non relu

V. 69. Èd

Il me semble vous voir : vous êtes beaux tous trois.

— Enfants ! du rossignol la voix pure et légère 85

N’a jamais apaisé le vautour sanguinaire,

Et les riches, grossiers, avares, insolents,

N’ont pas une âme ouverte à sentir les talents.

Guidé par ce bâton, sur l’arène glissante,

Seul, en silence, au bord de l’onde mugissante, 90

J’allais, et j’écoutais le bêlement lointain De troupeaux agitant leurs sonnettes d’airain.

Puis j’ai pris cette lyre, et les cordes mobiles Ont encor résonné sous mes vieux doigts débiles.

Je voulais des grands dieux implorer la bonté, 95

Et surtout Jupiter, dieu d’hospitalité ,

V. 85. Allusion à une fable racontée par Hésiode, Op. et dies , 202, dans laquelle le poète semble se comparer au rossignol déchiré par l'épervier.

V. 88. Ici la prép. à signifie de façon à (toçri, avec l’infinitif). Pascal, Pen-

sêes, IV, lit, a dit : « Cela ouvre les j eux à voir partout le caractère de cette

vérité. » — Éd. 1820 :

N'ont pas une âme ouverte à la douceur des chants.

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