‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 364 sur 424 · IX. — « Tout accident naturel dont la cause était inconnue · texte numérisé non relu

IX. — « Tout accident naturel dont la cause était inconnue

un ouragan, une inondation, une éruption de volcan, étaient regardés comme une vengeance céleste -

X. — » I/homme égaré de la voie, effrayé de quelques phénomènes terribles, se jeta dans toutes les superstitions, le feu, les démons.... Ainsi le voyageur, dans les terreurs de la nuit, regarde et voit dans les nuages des centaures , des lions , des

premiers êtres n'étant organisés que pour une vie individuelle , et étant impropres à la reproduction de l’espèce.

(1) Tout en copiant exactement le manuscrit , M. Sainte-Beuve remarque que c’est peut-être animaux qu’il a voulu dire. Si André a réellement voulu dire minéraux, c’est qu'il pensait que la vie est dans tout, et que la transformation de la matière lui constitue une existence, non pas active à la façon des animaux et des végétaux, mais passive.

VIH. — [Par ses plans de poésie physique, en retournant à Empédocle, André était de plus le contemporain et comme le disciple de Lamarck et de Cabanis; il ne l'est pas moins de Boulanger et de tout son sicrle, par l'explication qu’il tente de l'origine des religions. — Ici l'on a peu à regretter qu’ André n’ait pas mené plus loin ses projets: il n’aurait en rien échuppé, malgré toute sa nouveauté de style, au lieu commun d’alentour, et il aurait reproduit, sans trop de variantes, le fond de d'Ilolluich ou de V Essai sur les préjugés . SàIUTB-BbCYR.]

IX. — I .iicrece, V, 1217. Passage célèbre où Bayle prétend que Lucrèce a désigné la Providence. Tacite, Annales, I, XXVIII, a dit : « Sunt mobiles ad superslitiouem perculsa* semel mentes. >•

X. — Lucrèce, V, 49. — En parlant de ces frayeurs des hommes, Lucrèce, VI, 34 :

Nam s élut t pueri trépidant, atque omnia crcis In trncbris inctuunl; sic nos in lucc tinuram Intenlum, nihilo qu.r sunt meturnda macK quant <Uia* pur ri in trnrbris pat liant flnguntqur futur*.

Cf. Lucrèce, V, 1 160,

POEMES

dragons, et mille autres formes fantastiques. Les superstitions prirent la teinture de l'esprit des peuples, c'est-à-dire des climats. Rapide multitude d’exemples. Mais I imitation et l'autorité changent le caractère. De là souvent un peuple qui aime à rire ne voit que diable et qn 'enfer.

XI. — Il se réservait pourtant de grands et sombres tableaux a re tracer :

« Lorsqu’il sera question des sacrifices humains, ne pas oublier ce que partout on a appelé les jugements de Dieu, les fers rouges, l eau bouillante, les combats particuliers. Que d’hommes dans tous les pays ont été immolés pour un éclat de tonnerre ou telle autre eayse!

Partout sur des autels j’entends mugir Apis Bêler le dieu d’Ammon, aboyer Anubis. »

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