XII. — Virgile. Ge'org. III
Ilia» ducit a inor tran» Üargara, irwu*qoe fionautrin Ascanium ; superant monte», et flumina tranant :
Continuoque, avidi» ubi Mibdita flamma lardnlll»,
Vere magi- (quia terr calur redit oa»ibu»} ilia . t»re onnn vers* ad Zepliyrum. «tant rupibus alti»
K.tceptaniquc lève» aura»; et sirpe sine ullU </>n)ugii* vrnto irravidr fmirabile dictu!)
Saxa per et scopulo* et depresu» couva lie*
Diffugiunt .
(> Ile antique croyance fut appuyée par Aristote, Hist. an. VI, 18, et Yarrn, de Av rttsi. Il, l, 19. — Dans Homère, Iliade , XVI, l.r>0, nous soyons les coursiers d’A-
HERMÈS 35t>
religieux, ont souvent été produits par une idée sans fondement, une rêverie, un vain fantôme,
Comme ou feint qu’au printemps d’amoureux aiguillons La cavale agitée erre dans les vallons,
Et, n’ayant d’autre époux que l’air qu’elle respire, Devient épouse et mère au souffle du zépltire. »
XIII. — <• La plupart des fables lurent sans doute des emblèmes et des apologues des sages (expliquer cela comme Lucrèce au livre III). C’est ainsi que l’on fit tels et tels dogmes, tels et tels dieux... mystères... initiations. Le peuple prit au propre ce qui était dit au figuré. C’est ici qu’il faut traduire une belle comparaison du poëte Lucile, conservée par Lactance. (Inst. dit'. liv. I, ch. xxu) :
Ut pueri infantes credunt signa oinuia aliéna Vivere et esse lioniines, sic istic mania fieta Vera pulant...
Sur quoi le bon Lactance, qui ne pensait pas se faire son procès
chillr, Xantbc et Italie : « T#v; ttexî xv£uu> "Apitoix Uoiifyr,. » Kt Iliade,
XX, 223, les ravales d'hricbthoimis : « Txaiv xat fKpîr; épx'TOXTO jlooxopEvâüiv. » /Elien, Mut. an. IV, VI, citant justement ce vers d'Ilnméce, combat l'opinion d'Aristote, et dit que cette croyance vient de ce que les chevaux se délectent du vent , l'aspirent, s'en gonflent les naseaux, Ravspüi'vTat.
Üu reste, même parmi les anciens, plus d'un, avec Oppien (de Vénal. III, 335), a' dû rejeter celte croyance parmi les fables. Le Tasse, Ger. lit. VII, LXXVI, s'est souvenu des vers de Virgile, quand il a voulu célébrer le cheval de Raymond. El lai Fontaine, qui aimait les symboles, dit du coursier d'Adonis :
Une Jument d'Ida l'engendra d'un de* vent*.
Audit’, jm* saisissant de cette même idée, la transforme en comparaison, rajeunit la pensée de celte fable antique, et reste original en imitant Virgile; il étaye un penser nouveau sur une antique et poétique idée.
XIII. — Lucrèce dit que les fables de Tantale, de Titye, de Sisyphe, ne sont que les emblèmes des passious et des faiblesses qui agitent l'Ame humaine. Voye* encore Lucrèce, IV, 597. — Corneille, dans Polreuele , IV, vi, avait exprimé cette pensée : Peut-être qu’aprèa tout ces croyances publique*
Ne sont qu’inventions de sages politiques,
Pour contenir un peuple ou bien pour l'einoutoir,
Kt dessus sa faiblesse affermir leur pouvoir.
Voici le passage complet de Lactance que rappelle André : « Nam Lucilius connu
POEMES
à lui-uiéi»e, ajoute, avec beaucoup tle sens, que les enfants sonl plus excusables que les hommes faits : I/li enim simulncra howines putant esse, hi riens. »
XIV. — •< Mais quoi ! tant de grands hommes ont cru tout cela... Avez-vous plus d’esprit, de sens, de savoir?... Non; mais voici une source d'erreur bien ordinaire : beaucoup d'hommes, invinciblement attachés aux préjugés de leur enfance, mettent leur gloire, leur piété, à prouver aux autres un système avant de se le prouver à eux-mêmes. Ils disent : Ce système, je ne veux point l’examiner pour moi. Il est vrai, il est incontestable, et, de manière ou d’autre, il faut que je le démontre. Alors, plus ils ont d’esprit, de pénétration, de savoir, plus ils sont habiles à se faire illusion, à inventer, à unir, à colorer les sophismes, à tordre et défigurer tous les faits pour en étayer leur échafaudage... Et, pour ne citer qu’un exemple et un grand exemple, il est bien clair que, dans tout ce qui regarde la métaphysique et la religion, Pascal n’a jamais suivi une autre méthode. »
Ce second chantdevaitrenlcrmer, du ton lugubre d'un Pline l'Ancien, le tableau des premières misères , des égarements et des anarchies de l’Iiuinanité commençante. Les déluges, qu'il s'était d'abord proposé de mettre dans le premier chaut, auraient sans doute mieux trouvé leur cadre dans celui-ci :
stultitiam, qui siinulachra deos putant eue, deridet lus verbis :
Terricola* La min* Fa uni, qtia* Pompiliique Instituer? Num* ; t remit has; hic otnnia ponit.
Ut pueri infante* errdunt signa omnia aliéna Vivcrr et rsse homme*, sic Istlc omnia ticta Vera putant; crcdunt »igni§ cor inrssc ahrni».
Pergola pictorum. Veri nihil : omnia ticta.
Poeta quidem stultos hommes infantibus comparatif : at ego mullu imprudeiilioro esse dico. Illi enim siiuulachra homines putant esse, Iti deos. Ilios ætas facit pulare quod non est ; hos stultitia. »
XIV. — Comme le remarque avec raison M. Sainte-Beuve, « André ne voyait Pascal que dans l'atmosphère d'alors, et, pour ainsi dire, à travers Condorcet. » Cette note d'André résume toute son époque; le dix-huitième siècle supprimait la foi, seule route qui mène à la certitude en tout ce qui roucerue la religion. Du jour où Pascal eut la foi, il eut la certitude, et son système cousista à faire passer daus l'âme d'autrui la foi qu'il avait dans la sienne. Mais, en allant au fond de la pensée d' André, il est visible que c'est la foi en elle-même qu'il attaque et traite de superstition.
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X.Y. — • Peindre les différents déluges qui détruisirent tout... La mer Caspienne, lac Aral et mer Noire réunis... l'éruption par l’Hellespont... Les hommes se sauvèrent au sommet des montagnes :
F.t vêtus inventa est in niontibiis auchora surnmis.
Ovide, Met. liv. XV, 265.)
La ville <1 ' A ncyre fut fondée sur une montagne où l'on trouva une ancre. -
XVI. Il voulait peindre les autels de pierre, alors posés au bord de la iuery et qui se trouvent aujourd'hui au-dessus de son niveau , les membres des grands animaux primitifs errant au gré des ondes, et leurs os déposés en amas immenses sur les côtes des continents. Il ne voyait dans les pagodes souterraines, d'après le voyageur Sonncrat , que les habitacles des Septentrionaux qui arrivaient dans le Midi et fuyaient, sous terre, les fureurs du soleil. Il eut expliqué , par quelque chose d'analogue peut-être, la base impie de la religion des Éthiopiens et le vœu présumé de son fondateur :
« Il croit (aveugle erreur !) que de l’ingratitude Un peuple tout entier peut se faire une élude,
L’établir pour son culte, et de dieux bienfaisants Blasphémer de concert les augustes présents. »
XVII • — A ces époques de tâtonnements et de délire, avant la vraie civilisation trouvée, que de vies humaines en pure perte dépensées ! h Que de générations l une sur l'autre entassées, dont l'amas
Sur les temps écoulés invisible et flottant \ tracé clans cette onde un sillon d’un instant ! »
XV. — Les différents déluges auxquels Audre tait allusiuu sont, d’abord le déluge universel de la Bible (Genèse, VII, II), ensuite les déluges connus de» anciens, tels que ceux d’Ogyges, de Deucaliou, de Dardauus. Voy. Nonnus, Dionjs. III, 201; Ovide, Met. 1 ; Clément d'Alex. Strom. I, p. 235.
XVI. — Le fait relatif à la religion des Éthiopiens, dont parle André, est relate dans Diodore, III, IX. Quelques peuplades éthiopiennes ne reconnaissaient pas de dieu; lorsque le soleil se levait, comme s’il était leur plus cruel ennemi, ils se retiraient dans les marais en blasphémant.
POEMES
XV III. — Mais l« poète veut sortir de ces ténèbres, il en veut tirer l'humanité. F.t ici se serait placée probablement son étude de l'homme, l'analyse des sens et des passions, la connaissance approfondie de notre être, tout le parti enfin qu'en pourront tirer bientôt les habiles elles sages. Pans l’explication du mécanisme de l'esprit humain git l'rsprit des lois.
André, pour l'analyse des sens, rivalisant avec le livre IV de Lucrèce, eut été le disciple exact de Locke, de Condillacet de Bonnet: ses notes, à cet égard, ne laissent aucun doute. Il eut insisté sur les langues, sur les mots :
Rapides protées (dit-il , ils revêtent la teinture de tous nos sentiments. Ils dissèquent et étalent toutes les moindres de nos pensées, comme un prisme fait les couleurs. »
XIX. — Mais les beautés d’idées ici se multiplient; le moraliste profond se déclare et se termine en poète :
« Les mêmes passions générales forment la constitution générale des hommes. Mais les passions , modifiées par la constitution particulière des individus, et prenant le cours que leur indique une éducation vicieuse ou autre, produisent le crime ou la vertu, la lumière ou la nuit. Ce sont mêmes plantes qui nourrissent l'abeille ou la vipère; dans l’une elles font du miel, dans l'autre du poison. Un vase corrompu aigrit la plus douce liqueur. -
XX. — « L'élude du cœur de ( homme est notre plus digne étude :
\ssis au centre obscur de cette forêt sombre Qui fuit et se partage en des routes sans nombre,
Chacune autour de nous s’ouvre : et de toute pari
XIX. — l-t comparaison du vase corrompu est de Lucrèce, VI, 10 :
liitclleiil, ibi vitium vas t fticerc ipsum,
Omniaquc illiiu vitio c-orniuipler intas. rtc.