‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 378 sur 424 · V. 1 et suiv. — Imité de Tibulle, I, iv · texte numérisé non relu

V. 1 et suiv. — Imité de Tibulle, I, iv

Sed te ne captant, primo al forte negarir,

Tædia ; paullatltn sub Juga colla dabit. tanga dira homini docuit parère icône», tanga dira molli aaia peredit aqna.

Annua In apricia matarat collibua uvas :

Annoa agit certa lucida aigna vice.

V. 4. « Ces rivales des eaux, • qui rivalisent avec les eaux pour la transparence. Voici deux vers de M. Sainte-Beuve, dans les Pensées et aoütt qui expliquent parfaitement la pensée d’André :

Que (tant 11 j verra la ressemblance entière!)

L'oiseau pique au raisin ou veuille boire à l'eau !

POEMES

Dispose ces ressorts que l'on nomme hasard.

Mais souvent un jeune homme, aspirant à la gloire De venir, voir et vaincre et prôner sa victoire, 10

Vole et hâte l’assaut qu’il eût dû préparer.

L’imprudent a voulu cueillir avant l’automne L’espoir à peine éclos d’une riche Pomone ;

1 1 a coupé ses blés quand les jeunes moissons Ne passaient point encor les timides gazons. 15

Quand l’ardente saison fait aimer les ruisseaux,

A l’heure où vers le soir, cherchant le frais des eaux,

La belle nonchalante à l’ombre se promène,

Que sa bouche entr’ouverte et que sa pure haleine Et son sein plus ému de tendresse et de vœux 5

Appellent les baisers et respirent leurs feux ;

Que l’amant peut venir, et qu’il n’a plus à craindre

V. 10. [Cette réminiscence du mot de César est assez heureuse peut-être, mais elle a été souvent employée. Scudéry, parlant de Corneille dans sa lettre à l'Académie, dit avec jactance : « Qu’il vieune, qu’il voie, et qu’il vainque, s’il peut. » Voltaire, dans OEdipe : « Mais OKdipe...

« Vint, vit ce monstre affreux, l'entendit et fut roi. >

La comédie en olfre plus d’un exemple. Deslouches, dans ta Fausse Agnès :

Je suis venu, j'ai vu ; je me suis convaincu.

Boisson a de.]

Nous ajouterons un exemple de Corneille, dans Pompée , IV, m :

Pour faire dire encore aux peuples pleins d'effroi Que venir, voir et vaincre est môme chose en moi.

Racine a dit, dans Bérénice, I, IV :

Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plut.

II. — Ce fragment, que l'édition 1839 avait mis dans les Fragments tf élégies , nous a pai u appartenir à Y Art (C aimer.

ART D'AIMER

La raison qui mollit et commence à se plaindre;

Que sur tout son visage, ardente et jeune fleur,

Se répand un sourire insensible et rêveur ; 10

Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête ;

Que ses yeux

Sous leur longue paupière à peine ouverte au jour, languissent mollement et sont noyés d'amour ;

Alors

Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices,

S’assied sous un mélèze au bord des précipices,

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