V. Il . « Leni , » qui ploie ; Virgile, F.n. XI, 829 r
Untaque ralla
El captum letho posait raput, arma rrlinqucn*.
V. 15. Quatre vers d’Alfred de Musset (une Donne Fortune) achèvent, chose curieuse ! ce petit tableau et complètent, d’une façon toute moderne, la pensée inter* rompue d’Audré. Alors... jeune amant, avance-loi vers elle et va tout simplement TV mettre à deux genou* par terre devant elle,
Regarder dans ses yeux l'azur du firmament.
Et, pour toute faveur, la prier seulement I»c se laisser aimer d'une amour immortelle.
111. — Ce fragment terminait, dans l'édition 1830, la troisième élégie dn livre 11, sans qn'il fût possible de trouver un lien raisonnable entre ce fragment et l'élégie. Séparé et mis dans Y Art tC aimer, il prend de suite une signification, une valeur poétique qui lui est propre. — Avec quelle habileté, qnelle inspiration continue André couronne de rimes une ligne de prose, l'anime, et, légère et dansante, l'introduit dans les chœurs d’Apollon! J. -J. Rousseau avait indiqué cette situation et tracé d’un trait ce tableau qn’ André revêt de si riches couleurs : tout le monde se souvient de la lettre où Saint-Preux écrit à Julie (Nouv. Hrl. IV, xvii) : n Ici je passai le torrent glacé pour reprendre une de tes lettres qu’emportait un tourbillon. » — Quelle pouvait être la pensée d’André? Peut-être celle-ci : Au milieu de tous ces
POEMES
Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui,
Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui.
Il savoure à loisir ces lignes qu’il dévore ; s
Il les lit, les relit et les relit encore,
Baise la feuille aimée et la porte à son cœur.
Tout à coup de ses doigts l'aquilon ravisseur Vient, l’emporte et s’enfuit. Dieux ! il se lève, il crie,
Il voit, par le vallon, par l’air, par la prairie, 10
Fuir avec ce papier, cher soutien de ses jours,
Son âme et tout lui-même et toutes ses amours.
11 tremble de douleur, de crainte, de colère.
Dans ses yeux égarés roule une larme amère.
11 se jette en aveugle, à le suivre empressé, iâ
Court, saute, vole, et l'œil sur lui toujours fixé,
Franchit torrents, buissons, rochers, pendantes cimes,
Et l'atteint, hors d’haleine, à travers les abîmes.
Viens près d’elle au matin, quand le dieu du repos Verse au mol oreiller de plus légers pavots,
Voir, sur sa couche encor du soleil ennemie,
Errer nonchalamment une main endormie ,
Ses yeux prêts à s’ouvrir, et sur son teint vermeil 5
Se reposer encor les ailes du sommeil.
tableaux d'amour que je veux retracer, ébloui, ému moi-mème, je vois ma pensée m 'échapper; mais bientôt je la ressaisis : ainsi le jeune amant, etc.
IV. — Ces vers avaient été classés dans les Fragments tTélêgies par les précédents éditeurs. Voyez EUg. Il, xvm, v. 13, un petit tableau semblable; c’est, pour mieux «lire, le même, traité différemment.
ART D’AIMER
Tout mortel se soulage à parler de ses maux .
Le suc que d’Amérique enfantent les roseaux Tempère au moins un peu les breuvages d'absinthe.
Ainsi le fiel d’amour s’adoucit par la plainte,
Soit que le jeune amant raconte son ennui s
A quelque ami jadis agité comme lui,
Soit que, seul dans les bois, ses éloquentes peines Ne s’adressent qu'aux vents, aux rochers, aux fontaines.
Si d’un mot échappé l’outrageuse rudesse A pu blesser l’amour et sa délicatesse,
Immobile il gémit, songe à tout expier.
Sans honte, sans réserve, il faut s’humilier :
Églé, tombe à genoux, bien loin de te défendre ; 5
Tu le verras soudain plus amoureux, plus tendre,
V. — Ces vers se trouvent dans les autres éditions parmi les Fragments tf élégies.