V. 29 et 30. La phrase serait mieux construite ainsi
Prends garde : le ramier, une fols envolé.
Dans sa cage confuse est en vain rappeté.
« Confuse , • dont les croisements des barreaux sont aux yeux du ramier comme une trame confuse. — Horace, Êpit. I, XVUI, 71, a dit, dans un autre ordre d'idées :
F.t serael rmlssutn volât Irrevocablle verbum.
ART D’AIMER
Flore a pour les amants ses corbeilles fertiles ;
Et les fleurs, dans leurs jeux, ne sont pas inutiles.
Les fleurs vengent souvent un amant courroucé,
Qui feint sur un seul mot de paraître offensé.
Il poursuit son espiègle, il la tient, il la presse; &
Et, fixant de ses flancs l’indocile souplesse,
D’un faisceau de bouquets en cachette apporté Châtie, en badinant, sa coupable beauté,
La fait taire et la gronde, et d’un maître sévère
Imite avec amour la plainte et la colère; 10
Et, négligeant ses cris, sa lutte, ses transports,
Arme le fouet léger de rapides efforts,
Frappe et frappe sans cesse, et s'irrite et menace,
Et force enfin sa bouche à lui demander grâce.
Telle Vénus souvent, aux genoux d’ Adonis, 15
Vit des taches de rose empreintes sur ses lis ;
Tel l’Amour, enchanté d’un si doux badinage,
Loin des yeux de sa mère, en un charmant rivage, Caressait sa Psyché dans leurs jeux enfantins,
XII. — V. 2. N’est-ce pas là ce jeu des fleurs, prélude d’amoureux ébats, que décrit La Fontaine, Contes , II, vu :
La belle prend de* fleur* qu'elle avait tni*e*
En un monceau, le* Jette au compagnon... .
Même débat, même Jeu recommence.
Fleur* de voler
Stace, Achill. I, 571, dans le ravissant tableau des jeux d’Achille et de Déidamie : Mute tevibus serti*, lap«i* nunc spontc canistri*,
Nunc thyrso pa reente ferit
Y. 19. Dans le Tasse, Ger. lib. XIV, G8, Armide enchaîne Renaud avec des fleurs : Di ligustri, di gigli, e delle rose,
D quai üortin per quelle piagge amené Cou nov' arte congiunte indi compose liante ma tcnaein»imr catcnr.
POE MHS
F.t de lacets dorés chargeait ses belles mains. 20
Fontenay ! lieu qu’ Amour fit naître avec la rose,
J irai (sur cet espoir mon âme se repose),
.l’irai te voir, et Flore et le ciel qui te luit.
Là je contemple enfin (ma déesse m’y suit),
Sur un lit que je cueille en tes riants asiles, 25
Ses appas, sa pudeur, et ses fuites agiles,
Et dans la rose en feu l’albâtre confondu,
Comme un ruisseau de lait sur la pourpre étendu.
Offrons tout ce qu’011 doit d’encens, d’honneurs suprêmes, Aux dieux, à la beauté plus divine qu’eux-mêmes.
Puisse aux vallons d’Hæmus, où les rocs et les bois Admirèrent d’Orphée et suivirent la voix,
L’Hèbre ne m’avoir pas en vain donné naissance! 5