V. 22. Properce, 1, x
Tu cave, ne tricti cuplac pugnare puellie.
POEMES
Essaye avec les pleurs, les tendres doléances,
De faire à ses desseins de douces violences ;
Sinon, tu vas l’aigrir; tu te perds. La beauté, 25
Je te l’ai fait entendre, aime sa volonté.
Son cœur impatient, que la contrainte blesse.
Se dépite : il est dur de n’ètre pas maîtresse.
Prends-y garde : une fois le ramier envolé
Dans sa cage confuse est en vain rappelé. 30
Cède, assieds-toi près d’elle ; et, soumis avec grâce,
D’un ton un peu plus froid, sans aigreur, ni menace, Dis-lui que de tes vœux son plaisir est la loi.
Va, tu n’y perdras rien, repose-toi sur moi.
Complaisance a toujours la victoire propice. 35
Souvent de tes désirs l’utile sacrifice,
Comme un jeune rameau planté dans la saison,
Te rendra de doux fruits une longue moisson.
Neve superba loqui, ueve tacere diu ;
Neu, si quid petiit, ingrata fronte negaris;
Neu tlbi pro vano verba benigna cadant
At qno sis humilis m agis et subjectus amorl,
Hoc magls effecto saepe fruarr bono.
Gentil Bernard, Art <t aimer, I :
Par son respect l'amant vrai se déclare;
C'est lui qui craint, qui se fuit, qui s'égare.
Qui d'un regard fait son suprême bien.
Désire tout, prétend peu, n'ose rien
(X J. -B. Rousseau, Adonis.